L'édito de William Humberset, journaliste sportif, avant le début de la Coupe du monde : « La clé des champs ». Didier Deschamps, sélectionneur de l'Équipe de France depuis 14 ans, va disputer la Coupe du monde 2026 (11 juin-19 juillet), sa dernière compétition à la tête des Bleus.
Une fin de cycle inédite
L'Équipe de France de Didier Deschamps n'avait jamais perdu un match de préparation à une grande compétition. L'énième preuve que toutes les bonnes choses ont une fin. En quatorze ans à la tête des Bleus, DD a surtout démontré que tous les grands champions ont une faim. Gagner c'est bien, soulever des trophées c'est encore mieux. Être champion du monde en tant que joueur et sélectionneur, c'est raviver la nuit magique de 1998 en rejoignant le Brésilien Mario Zagallo et renier l'idée qu'à la fin c'est toujours l'Allemagne qui gagne en égalant Franz Beckenbauer.
Un style critiqué mais efficace
La presse a souvent reproché au personnage d'être peu entraînant mais personne ne peut lui enlever ses qualités pour entraîner le pays derrière son équipe nationale. « Je ne suis pas là pour faire rire », a répété face à la PQR le sélectionneur qui a ironisé sur son image de soi-disant père autoritaire alors que l'équipementier Nike lui permet d'être dans la tendance des jeunes avec des « requins » aux pieds. C'était plutôt un boulet que traînaient Raymond Domenech et Laurent Blanc avant lui.
Un parcours de champion
« Parano comme tout entraîneur » mais un brin romantique, Deschamps a le don pour soigner les bleus de ses ex. Roi de France puis d'Italie avec l'OM et la Juve, champion d'Europe avec les deux comme joueur, Deschamps a redonné vie à deux amours en perdition quand il est revenu s'asseoir sur leur banc. Marseille ne gagnait rien depuis 17 ans (champion de France 2010) et il a reconduit une Vieille Dame malade en Serie A (2006-2007) en claquant la porte derrière lui pour un désaccord avec sa direction. « Une erreur » concevra plus tard le futur ex-sélectionneur.
Un départ sans regret
Cette fois, partir avec le 15e mandat le plus long de l'histoire à la tête d'une équipe nationale, n'en est pas une. « Ça aurait pu se terminer avant », mais Deschamps a gardé le cap quand d'autres espéraient le voir débarqué du navire. Dos au mur face à l'Ukraine (barrages 2013), blessé dans sa chair par un graffiti en façade de sa demeure et un Euro perdu à la maison (2016), critiqué dans le milieu pour son identité trop défensive (2018), l'ex-milieu défensif a ramé pour ramener la France sur le toit du monde.
Un héritage immense
Avec trois finales en six ans, et encore un Mondial à tenter de gagner puisqu'il ne veut pas entendre parler de dernier, DD pourra prendre la clé des champs admirablement quiet. Pour faire autant si ce n'est mieux, son successeur, même si c'est Zizou, peut s'inquiéter.



