À l'approche de la Coupe du monde 2026, une double absence interpelle les observateurs : celle de la Chine et de l'Inde. Ces deux pays, qui cumulent à eux seuls près de trois milliards d'habitants, soit plus d'un tiers de la population mondiale, ne seront pas représentés au Mondial. Une situation qui, selon les analystes, révèle que le football est avant tout une affaire de culture et non de démographie.
Un paradoxe démographique
La Chine et l'Inde sont les deux nations les plus peuplées de la planète, avec respectivement environ 1,4 milliard et 1,3 milliard d'habitants. Pourtant, leur présence sur la scène footballistique internationale reste anecdotique. La Chine n'a participé qu'à une seule Coupe du monde, en 2002, tandis que l'Inde n'a jamais réussi à se qualifier. Ce paradoxe interroge sur les priorités sportives et culturelles de ces pays.
Un football dominé par d'autres puissances
Les nations traditionnellement fortes en football, comme le Brésil, l'Allemagne ou l'Argentine, ont des populations bien inférieures. Le Brésil compte environ 210 millions d'habitants, l'Allemagne 83 millions et l'Argentine 45 millions. Pourtant, ces pays ont remporté plusieurs titres mondiaux. Selon le journaliste sportif Clément Aubry, « le football est d'abord une affaire de culture, pas de démographie. La passion pour ce sport ne se décrète pas, elle se construit sur des décennies, voire des siècles. »
Des infrastructures insuffisantes
En Chine, le football a longtemps été négligé au profit d'autres sports comme le basket-ball ou le tennis de table. Malgré des investissements massifs ces dernières années, notamment dans les clubs professionnels, le niveau de l'équipe nationale reste faible. En Inde, le cricket règne en maître, captant l'essentiel des ressources et de l'attention médiatique. Le football, bien que populaire dans certaines régions comme le Kerala ou le Bengale occidental, ne bénéficie pas d'une infrastructure solide.
Un avenir incertain
Pour la Coupe du monde 2026, qui se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique, la Chine et l'Inde n'ont pas réussi à se qualifier. La Chine a terminé troisième de son groupe de qualification asiatique, derrière le Japon et l'Arabie saoudite. L'Inde, quant à elle, n'a pas dépassé le deuxième tour. « Tant que ces pays ne feront pas du football une priorité nationale, il leur sera difficile de rivaliser avec les nations européennes ou sud-américaines », explique un expert en sports.
Un enjeu culturel
L'absence de la Chine et de l'Inde au Mondial 2026 illustre que la réussite sportive ne dépend pas uniquement du nombre d'habitants. « La culture footballistique se transmet de génération en génération, dans les rues, dans les écoles, dans les clubs. C'est un héritage qui ne s'achète pas », conclut Clément Aubry. En attendant, ces deux géants démographiques restent des outsiders sur la scène mondiale du football.



