Comment la FIA contrôle les monoplaces au Grand Prix de Monaco
Contrôle des monoplaces F1 à Monaco par la FIA

Durant les quatre jours du Grand Prix de F1 de Monaco, et particulièrement sous le régime de « parc fermé » entre la première qualification et la course, les monoplaces sont sous l'étroite surveillance de la Fédération internationale de l'Automobile (FIA). Commissaires techniques, caméras et scellés sont déployés pour garantir l'intégrité physique des pilotes et l'équité sportive.

Un dispositif de contrôle renforcé

Épaulée par l'Automobile Club de Monaco, qui met à disposition un contingent de trente personnes, la FIA déploie une vingtaine de commissaires techniques pour s'assurer de la conformité des monoplaces avec le règlement technique. « Toutes les voitures et leurs activités sont sous surveillance dès le jeudi matin jusqu'à ce que la course s'achève », indique Manuel Leal, délégué technique à la FIA.

Des contrôles aléatoires peuvent être menés à tout moment, sans cibler uniquement les écuries les plus performantes. Poids, aérodynamisme, suspension, direction, freins... Les vérifications sont exhaustives. Avant et après les tours de piste, mais aussi pendant que les bolides tournent, grâce à la télémétrie en direct. « Nos collègues en charge de la partie “moteurs’’ et “systèmes électroniques” monitorent en permanence ce que chaque voiture fait. Si quelque chose attire notre attention sur les images télé ou sur les données, puisque nous avons des alarmes, alors on décide de contrôler », précise Manuel Leal.

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Scellés et caméras en continu

Outre l'œil humain, la FIA utilise des scellés physiques à placer sur des pièces, qui se brisent s'ils sont retirés (plus de 40 000 sont utilisés sur une saison). Des caméras tournent 24 heures sur 24 dans les garages des écuries, au-dessus des monoplaces. Au moindre doute, les bandes vidéo sont examinées.

Le régime de parc fermé

La vigilance s'accroît le week-end avec la mise en place du régime de « parc fermé », entre le moment où la monoplace quitte la voie des stands pour la première fois en qualifications (le samedi) jusqu'au départ de la course (le dimanche). Ce contrôle peut être physique, dans une enceinte dédiée de la FIA, ou virtuel lorsque les voitures sont remises aux écuries. « L'objectif est de garantir que la voiture qui a fait la qualif est la même que celle qui a fait la course, avec des pièces et des réglages similaires, notamment de suspension. On reçoit une déclaration détaillée de chaque écurie avant la Q1 », expose Manuel Leal.

Ce que les écuries peuvent faire

Sans demander la permission à la FIA, les teams peuvent procéder à des inspections non destructives pour vérifier d'éventuels dommages, à des réparations mineures de carrosserie ou de faisceaux électriques, à des opérations de nettoyage et d'entretien (vidange des liquides, freins...), changer les pneus, démarrer les moteurs. Pour la configuration aérodynamique, seul le réglage du volet de l'aileron avant est autorisé.

Si les mécaniciens souhaitent aller plus loin, une demande écrite doit être formulée à la FIA. « Si une pièce a cassé, ils ne peuvent pas la réparer et sont obligés de la remplacer. On va alors étudier la demande. S'il s'agit d'une question de fiabilité, on va l'approuver. En revanche, si c'est une question de performance, on la refusera », explique Manuel Leal. La pièce de remplacement doit avoir les mêmes caractéristiques de poids et de design, et les mêmes réglages. La pièce retirée est conservée par la FIA pour d'éventuelles vérifications ultérieures.

En cas de crash en qualifications, la FIA s'assure que seuls les dégâts causés par l'accident sont réparés et que l'écurie n'en profite pas pour modifier des réglages.

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Sanctions en cas de non-respect

Si les règles ne sont pas respectées, un rapport est établi et transmis aux commissaires sportifs, de l'ACM et de la FIA, seuls habilités à entendre l'écurie incriminée et à prendre une décision. « Cela peut aller jusqu'à l'exclusion mais, bien souvent, ce sont des pénalités financières pour des erreurs administratives. En général, ils se tiennent bien, assure Manuel Leal. Parfois, pour une raison stratégique, parce que telle écurie ne s'est pas bien qualifiée, celle-ci peut décider d'introduire un nouveau moteur pour le reste de la saison. La pénalité consiste à ce que la voiture concernée parte des stands. »

Espionnage entre écuries

En F1, il est courant que les écuries du haut de tableau missionnent des photographes pour espionner les concurrents dans les stands, repérer de potentiels changements sur la monoplace, voire pointer des irrégularités réglementaires. En 2024, plusieurs équipes avaient alerté la FIA sur la possible utilisation, par Red Bull, d'un dispositif permettant depuis le cockpit, sous le régime de parc fermé et sans éveiller les soupçons des commissaires techniques, d'abaisser ou de relever le T-tray (la hauteur de caisse). Un réglage permettant des gains substantiels sur le comportement de la voiture en fonction des besoins en qualif et en course. « Oui, le dispositif existe, mais il est inaccessible une fois que la voiture est entièrement assemblée et prête à rouler, s'était alors défendue l'écurie autrichienne. Dans les nombreux échanges que nous avons avec la FIA, cette question a été soulevée et nous avons convenu d'un plan pour le futur. »