De notre envoyé spécial à Roland-Garros, des crampes de stress un peu partout. Le mollet, d'abord, puis le haut de la jambe, jusqu'à l'empêcher de courir. Flavio Cobolli a fait la dure découverte de cette chape de plomb qui peut s'abattre sur un novice quand il ouvre les yeux, à l'aube de sa première finale de Grand Chelem, peut-être la seule, à laquelle « il n'avait jamais osé penser » plus jeune. Pourtant, l'Italien avait l'impression d'avoir relativement bien dormi. Mais voilà : à peine réveillé, il a senti son estomac tourner dans tous les sens, jusqu'à ce début de match « cata ». Un 6-1 dans les dents, qui a fait craindre le pire, du genre une finale expédiée en moins de deux heures par son grand copain du circuit, Alexander Zverev.
« Je me suis réveillé avec des nœuds dans l'estomac »
Mais l'Italien a eu l'immense mérite de se mettre dedans, petit à petit : « C'est dur de rentrer dans sa première finale et de jouer son meilleur tennis tout de suite. Je suis fier de ça, de la façon dont j'ai réussi à réagir après ce set, après aussi ce jeu à 5-4 que je donne totalement [dans le 3e set], il n'avait plus perdu un tie-break depuis très longtemps, et j'ai réussi à le gagner ». Un peu par miracle, avoue-t-il dans la foulée : alors que la bagarre semblait enfin prometteuse et que la victoire ne semblait plus aussi inaccessible que trois heures plus tôt, Cobolli a été rattrapé par la nervosité. Sauf que cette fois, ce n'était pas juste l'estomac, mais tout le reste.
« Mon corps m'a lâché »
sourit-il tristement. « J'ai eu une crampe au mollet, je me suis dit 'vas-y donne tout dans ce tie-break et on verra ensuite' ». Un coup droit « en fermant les yeux » plus tard, le 14e mondial file aux vestiaires « prendre tout le temps qu'il peut ». En vain. Presque boitillant sur la fin de match, il n'avait plus la résistance physique indispensable pour faire douter Zverev dans un dernier set rapidement à sens unique.
« Zverev mérite ce titre pour tout ce qu'il a accompli »
Et peut-être pas la gnaque nécessaire, non plus. En dehors de Zverev lui-même, et de son clan, Cobolli semblait être la personne la plus heureuse du monde pour son bourreau sur le court : « Ça fait dix ans qu'il est là, qu'il a eu de si grands résultats, je pense qu'il mérite son titre plus que moi, pour tout ce qu'il a accompli. Maintenant, j'ai envie de garder le sourire, d'être fier de moi, et de continuer à essayer ». Pour que cette opportunité d'une vie, qu'il était tout proche de saisir, ne soit pas la dernière.



