Bordeaux-Les Herbiers : le miracle de la montée en Ligue 3 se précise
Bordeaux-Les Herbiers : le miracle de la montée se précise

Dans un championnat où seule la première place assure la montée en Ligue 3, les Girondins de Bordeaux n'ont plus qu'un retard d'un point à combler à deux journées de la fin. Mais ils reviennent de loin au moment de recevoir Les Herbiers, ce samedi (18 heures). Et si le miracle avait finalement lieu ?

Un retournement de situation spectaculaire

Il y a un mois, quand ils quittaient le stade Atlantique la tête basse, rossés par des Lorientais tout heureux de marquer le but de la gagne dans une cage désertée au bout des arrêts de jeu (2-3), les Girondins de Bordeaux (2e) comptaient sept points de retard sur La Roche-sur-Yon (1er). Il ne restait que cinq journées à disputer. Et rien n'indiquait, en surface, que la dynamique allait s'inverser alors que seule la première place de ce championnat de N2 offre avec certitude la possibilité de grimper à bord de la future Ligue 3.

Trois journées plus tard, le déficit n'est plus que d'un point. Les Girondins ont repris leur marche en avant. Et La Roche s'est pris les pieds dans le tapis : quatre nuls et une défaite lors des cinq dernières rencontres disputées. Ce ralentissement brutal et inattendu d'un leader lancé à bride abattue vers la Ligue 3 était d'ailleurs la première des conditions nécessaires à la renaissance des espoirs girondins.

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Privé de son arme offensive Alexis Araujo pour sept matchs, après son expulsion lors de la victoire des Vendéens sur Bordeaux (1-0), La Roche-sur-Yon a semblé traîner comme un boulet son statut de premier de la classe intouchable en train de distancer un club au passé glorieux. « On savait que la tâche serait rude car la médiatisation des Girondins complexifie tout. Si c'était un club lambda, on aurait moins de pression et ça [la montée] aurait peut-être déjà été acté », reconnaissait récemment l'entraîneur yonnais Frédéric Reculeau. Pour ses deux derniers matchs, La Roche reçoit Chauray (11e) et se déplace à Locminé (9e).

Des Girondins renversants

Dans le même temps, les Girondins ont su profiter du coup de mou vendéen. Ils restent sur trois victoires de rang, probantes mais aussi révélatrices d'un certain état d'esprit. Que ce soit à Dinan (1-3) ou Bayonne (1-2), où ils ont dû renverser le score, face à Montlouis (4-1), dans une rencontre où ils ont été rapidement réduits à dix, les Bordelais ont démontré que leur volonté ne faiblissait pas en dépit des vicissitudes.

Le ton est parfois monté mais les joueurs ont su inverser la tendance négative. « Depuis le début, j'y crois, à la montée », avait martelé le milieu de terrain offensif Soufiane Bahassa dans la foulée de la victoire contre Montlouis qui ramenait déjà les Girondins à trois points de La Roche. « Tant que mathématiquement, ce n'est pas cuit, le groupe continuera à y croire. » Après Lorient, le ton est parfois monté mais les joueurs, au bord de la rupture en première mi-temps à Dinan, ont finalement su inverser la tendance négative.

Le retour de joueurs clés

Le mérite en revient en partie à Rio Mavuba. Refusant de tirer la couverture à lui, en admettant, dès sa prise de fonction, sa foi dans la qualité du groupe et dans le travail entamé par son prédécesseur, le néo-coach bordelais, réputé plus proche de ses joueurs qu'un Bruno Irles naturellement distant, a su maintenir son effectif soudé dans la tempête, tout en le piquetant de rotations choisies.

Cette gestion a évidemment été facilitée par le retour de joueurs blessés dont la maîtrise faisait défaut au collectif. Sans leur métronome du milieu de terrain Guillaume Odru et leur attaquant à la technique sûre Matthieu Villette, tous deux absents au cœur du printemps, notamment au moment de la déroute des Girondins face à Chauray (1-3) qui a coûté sa place à Bruno Irles, les Girondins ont trop souvent bégayé leur football.

C'était d'autant plus criant que d'autres rouages essentiels de l'équipe, Royce Openda ou Steve Shamal, connaissaient des baisses de régime physiques, incompatibles avec un système de jeu qui demande du coffre. De fait, au moment de leur retour sur le terrain à la mi-temps du match à Dinan, Odru et Villette ont aussitôt apporté à leur équipe ce petit plus qui fait souvent pencher la balance du bon côté.

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Et maintenant ?

Les Girondins ne sont toujours pas maîtres de leur destin. Si La Roche gagne deux fois, l'affaire est pliée. Mais Jean Grillot et ses partenaires restent « concentrés et concernés », estime Rio Mavuba. Conscients qu'un simple match nul de La Roche, combiné à deux victoires bordelaises face aux Herbiers (5e) et à Avranches (8e), leur ouvrirait les portes de la Ligue 3.

Un nuage noir : l'interdiction de recrutement

C'est le nuage noir qui pèse parallèlement sur les Girondins. Depuis le 27 mars, le club est interdit de recrutement par la Fifa, pour les trois prochains mercatos, en raison d'un litige avec le club espagnol de Gijón qui lui réclame le paiement des 1,5 million d'euros non payés pour le transfert du milieu Pedro Diaz en 2023 et écrasés de 90 % dans le plan de continuation validé par le tribunal de commerce en juin 2025. En attendant le jugement sur le fond, les Girondins, qui arguent que la décision du droit commercial français et européen prime, ont lancé deux recours en suspension, au Tribunal du sport (TAS) et devant le Comité national olympique et sportif français (CNOSF). L'audience auprès de ce dernier doit se tenir dans la semaine suivant la fin du championnat. En attendant, l'attaquant Matthieu Villette, sous contrat jusqu'au 30 juin avec une année supplémentaire si montée, a donné son accord pour rester même en N2.