Basket Landes : les sœurs Bussière, des liens indéfectibles avant la finale
Basket Landes : les sœurs Bussière, une complicité unique

Alors que Basket Landes s’apprête à disputer une manche retour décisive dans la finale de Ligue féminine vendredi (20h45), à Mitterrand, face à Bourges, Louise Bussière pourra compter sur le soutien indéfectible de sa sœur Mélina, elle aussi basketteuse, dans les gradins. Rencontre avec les deux frangines.

Une rencontre née sur un parquet

L’idée de cette rencontre est née un soir de huitième de finale de Coupe des Landes à Saint-Sever. Sur le parquet, dans les rangs de l’Avenir Basket Chalosse, pensionnaire de NF2, une joueuse à la chevelure rousse arme un tir de loin. Un œil sur la feuille de match confirme l’intuition : l’artilleuse s’appelle Bussière. Non, ce ne peut pas être dû au hasard. Oui : Mélina est bien la petite sœur de Louise. « Mais mon shoot est quand même un petit peu plus propre », s’esclaffe la benjamine de la famille, qui compte une sœur aînée, Éva, celle qui a impulsé ces inscriptions en série dans la section basket du Lardin-Saint-Lazare, en Dordogne, et elle aussi rousse, mêmes reflets que Mélina. À y regarder de près, c’est vrai que les cheveux de Louise sont plus clairs.

Quand elle a reçu la proposition de rendez-vous, l’arrière de Basket Landes n’a pas hésité longtemps, ravie de parler de sa petite sœur : « On est très proches. » Le jour J, leur arrivée du même pas, deux cappuccinos commandés et un nombre incalculable d’œillades et éclats de rire valident une autre intuition : malgré des personnalités très différentes, ces deux-là partagent bien plus que leur passion pour le basket. D’ailleurs, elles l’assurent en chœur : « Ce n’est pas un sujet tellement présent dans nos discussions. On évite même les debriefs de nos matchs de façon assez naturelle. On en parle suffisamment avec plein de monde. »

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Mélina, caractère de feu

Contrairement à sa jeune sœur, Louise Bussière a douté avant de se lancer dans une carrière de basketteuse professionnelle. Elle dispute cette saison sa troisième finale de championnat consécutive. Outre leur petite enfance, c’est la deuxième fois que les deux frangines, que cinq ans séparent – Louise aura 24 ans en août, Mélina en a 19 –, vivent dans la même ville ou presque. « Mais chacune chez soi, il n’était pas question de faire de la colocation ! C’est important d’avoir chacune notre espace. On se voit quand on le peut, et si on ne peut pas, ce n’est pas grave », prévient Louise.

La première fois, c’était en Normandie, à Mondeville, où Louise a été formée et a joué de 2018 à 2023 : Mélina a intégré le centre de formation lors de la dernière saison. Une décision totalement préméditée, guidée par l’exemple de son aînée et son désir de devenir professionnelle. Deux ans plus tard, elle prend pourtant un chemin radicalement différent. « Je le voulais ce contrat, et puis, au fil du temps, je me suis rendue compte que ce n’était pas pour moi. Je n’ai plus envie d’en faire mon métier. » Inscrite sur Parcoursup, elle opte pour un service civil dans l’enseignement. Le hasard lui attribue l’école Saint-Jean-d’Août à Mont-de-Marsan. Elle s’y occupe de trois écoliers allophones en CP, CM1 et CM2. Et y prend beaucoup de plaisir au point d’envisager une carrière auprès d’enfants.

Louise sourit : « Elle n’est pas forcément patiente avec son caractère de feu. Ça m’a assez surprise, oui. Mais ça se voit qu’elle est bien. La vie de basketteuse, ce n’est pas toujours facile. Et puis, quand on était à Mondeville, on nous comparait tout le temps et c’était agaçant. Je suis contente qu’elle ait trouvé son chemin, quelque chose dont elle a envie. » Mélina Bussière en plein souvenir de chute à vélo incontrôlée dans un pyracantha. Caractère bien trempé, la benjamine de la famille l’avoue : contrairement à Louise, elle aurait très bien pu jouer au rugby, comme leur père.

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« Je ressens beaucoup de fierté quand je la vois jouer »

Curiosité des parcours, Louise, elle, l’avoue : « Je me tâtais un peu quand est arrivé mon premier contrat, je n’étais pas sûre d’en être capable… Je suis en train de faire un bilan de compétences et je trouve ça très intéressant de penser à autre chose qu’au basket. » Qu’aurait-elle choisi si elle n’avait pas suivi la voie de leur père, ancien sportif professionnel (dans le rugby) ? « Oh là là, j’ai toujours eu plein d’idées : une boutique de bijoux en bord de plage, travailler avec des personnes handicapées, décoratrice d’intérieur… » Mélina pouffe de rire, mais il est tendre et bienveillant : « Je ressens beaucoup de fierté quand je la vois jouer parce que je me rends compte du quotidien et des efforts que c’est. »

Louise, toujours à l’écoute

Il n’y a pas que dans leurs choix de carrière que les deux frangines se distinguent. Question caractère aussi, elles diffèrent. Enfin, dans la façon de l’exprimer, plus exactement. « Mélina, elle dit les choses, elle sait ce qu’elle veut et elle sait se faire entendre. Elle ne se laisse pas marcher sur les pieds ou influencer, quitte à paraître un peu autoritaire. Elle est aussi très débrouillarde, beaucoup plus et plus vite que je l’ai été. Peut-être parce qu’elle voulait tout faire comme nous et qu’elle nous imitait plus jeune… Elle s’intéresse à tout. Elle est sociable et solaire », développe Louise. « Louise, elle est très calme, dans son monde. Elle a des façons d’agir différentes et il faut le comprendre pour bien la connaître. Oui, elle a son petit caractère, mais elle y met les formes. Elle est très à l’écoute des autres et arrondit toujours les angles. »

Mélina et Louise Bussière à Bercy, le 25 avril, avec la médaille des vainqueures de la Coupe de France que l’aînée vient de remporter. Reste les petits plaisirs simples qu’elles adorent partager quand elles se retrouvent à deux ou en famille. Les discussions pour tout, pour rien. Les balades avec les deux setters des parents. La semaine bloquée chaque été pour partir tous ensemble en vacances. Les souvenirs d’une enfance simple et heureuse, faite de bêtises pas bien méchantes, de chocolat à tartiner étalé sur les visages et dans les draps pendant que les parents dormaient. « Tu m’as quand même poussée une fois chez la nounou et je me suis encadrée contre le mur », ronchonne Mélina. Louise semble avoir oublié. Pas bien grave, il y a prescription pour la brouille. Les cappuccinos, eux, sont terminés depuis un moment et il est l’heure de se quitter. Même démarche, cheveux lâchés, pour repartir. Oui, ceux de Louise sont vraiment plus clairs. Vendredi soir, face à Bourges, Mélina ne les quittera pas des yeux. Comme à chaque fois. Ces liens sont indéfectibles.

Si ta sœur était…

  • Un animal… Mélina serait un lion, « quand elle rugit, elle rugit ». Louise serait un cheval, « elle qui aime être dehors ».
  • Un végétal… Mélina serait un pyracantha, « c’est un buisson avec des épines. Elle est tombée dedans quand elle apprenait à faire du vélo (rire général). Et puis elle aime bien piquer ». Louise serait « une salade, elle en mange tout le temps ! »
  • Un p’tit truc à manger… Mélina serait un menu entier, « Elle adore manger ! (rire) Du pâté de campagne en entrée, une entrecôte frites en plat et une fondue au chocolat en dessert ». Louise serait « une salade de chèvre chaud ou du saumon ».
  • Un paysage… Mélina serait « un endroit en hauteur pour avoir un beau point de vue ». Louise serait « une plage, n’importe laquelle, n’importe où pourvu qu’il y ait un bord de mer ».