Quarante ans après le premier titre national de l'Élan Béarnais, l'historique président Pierre Seillant revient sur cette étape clé, la fête qu'elle a suscitée à Orthez, et ses conséquences pour le club dans le paysage du basket-ball français.
Un anniversaire qui a du sens
L'Élan Béarnais va fêter les quarante ans du titre national de 1986. Pour Pierre Seillant, c'est une très bonne initiative même si les jeunes de 15 ou 20 ans ne sont pas forcément connaisseurs de l'histoire. Dans la vie de tous les jours, une génération représente 20 ans, mais dans le sport, c'est dix ans. En 1986, Orthez est devenu un phénomène unique : une équipe dans une ville de 10 000 habitants qui gagne une Coupe d'Europe et devient championne de France.
La fête improvisée
Le titre a été décroché le 10 mai 1986, après une victoire contre Monaco, et fut suivi d'une grande fête à Orthez, que certains qualifient d'improvisée. Pierre Seillant explique que les restaurants étaient déjà pleins à l'avance, car le club était sûr d'être champion. La fête populaire dans la rue a rassemblé tout le monde. Déjà en 1984, après la victoire en Coupe d'Europe, les élèves étaient sortis dans la rue. À Orthez, tout le monde se mélangeait et se connaissait. C'était un autre monde. Le déménagement à Pau a changé cette ambiance.
Le changement de joueur américain
La saison 1985-1986 a pris un tournant dès novembre 1985 avec le remplacement d'un Américain par un autre : Howard pour Knuckles. Cette pratique n'était pas courante à l'Élan Béarnais, mais elle l'était à l'étranger. Knuckles était un bon joueur, mais Carter a apporté un nouvel équilibre. Il fallait un deuxième arrière pour scorer aux côtés d'Hufnagel. Le club a toujours joué avec deux petits à l'arrière, une tradition qui perdure.
L'importance du titre
Pierre Seillant compare ce premier titre national à la Coupe Korac de 1984. Il estime que l'Élan Béarnais est l'un des rares clubs à avoir gagné une Coupe d'Europe avant un titre national. La montée en division 1 en 1973, la Coupe Korac et les deux titres nationaux restent ses plus grandes joies.
La rivalité avec Limoges
À l'époque, l'Élan Béarnais mettait un point d'honneur à stopper l'hégémonie de Limoges, champion de France en 1983, 1984 et 1985. L'appétit venait en mangeant. Après la Coupe d'Europe, la rivalité s'est intensifiée dans la presse et les rapports. Le club a gagné deux titres consécutifs, puis Limoges a repris le dessus. En 1989, Seillant avait promis de reprendre le titre dans trois ans, ce qui fut fait. Entre 1984 et 2004, sur 20 titres, Limoges et l'Élan Béarnais en ont remporté neuf chacun.
Un tournant pour le basket français
Le titre de 1986, et surtout celui de 1987, a précédé un important changement dans le basket français : la création de la Ligue et l'obtention par les joueurs d'un contrat à temps. Après l'assemblée générale des clubs, le basket est devenu professionnel, avec des contrôles sociaux et fiscaux. Le ministère des Sports est intervenu pour exonérer les clubs d'amendes, à condition qu'ils soient affiliés à la Sécurité sociale. Le club est devenu une société normale, payant des charges sociales et des impôts.



