Naissance du Biarritz Olympique : la fusion de 1913
1913 : la fusion qui créa le Biarritz Olympique

Le 24 avril 1913, le maire de Biarritz, Pierre Forçans, met fin à une guerre de clochers entre deux clubs de rugby rivaux et donne naissance au mythique Biarritz Olympique (BO). Cet article, paru en novembre 2016, revient sur l'histoire de cette fusion et sur le destin tragique de ses premiers internationaux, morts pour la France.

Une fusion forcée pour apaiser les tensions

En 1913, alors que les grandes puissances européennes s'arment, une guerre de clochers oppose le Rocher de la Vierge et le phare de Biarritz. Selon les historiens José Urquidi et Jean-Louis Berho, auteurs de l'ouvrage de référence sur le BO, cette rivalité est parfois violente. Dans la cité impériale, où se presse le gratin européen, chacun prend position pour le Biarritz Sporting Club (rouge et noir, proche de la bourgeoisie) ou pour son ennemi juré, le Biarritz Stade (rouge et gris, proche de la classe ouvrière).

Le maire Pierre Forçans ne tolère pas cette publicité et impose un armistice. Le 24 avril 1913, les deux clubs sont contraints de fusionner. Lors d'une assemblée générale sur le thème « un seul club pour Biarritz », les membres choisissent le nom de Biarritz Olympique et adoptent la couleur blanche, symbole de paix, pour leur première saison 1913-1914, inaugurée face au FC Lourdes.

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La Grande Guerre interrompt l'élan sportif

Mais l'histoire locale est rattrapée par la guerre mondiale. À la fin de la saison sportive, la foule applaudit et crie « Vive la France ! ». La jeunesse biarrote part, le sourire aux lèvres, mais dès septembre, la population comprend que le conflit sera long et difficile. 2 500 blessés sont répartis dans 53 hôtels de la ville. 460 jeunes Biarrots meurent sur le front, dont 140 membres du BO, parmi lesquels ses trois premiers internationaux : Daniel Ihingoué, Julien Dufau et le capitaine Léon Larribau.

Léon Larribau, un capitaine héroïque

Léon Larribau, demi de mêlée d'1,60 m pour 72 kg, est le plus capé de l'équipe avec six sélections en 1912 et 1914. Sergent au 12e Régiment d'infanterie, il meurt à 27 ans le 31 décembre 1916 sur la Côte-du-Poivre, à Verdun. Il reçoit la Croix de guerre avec citation : « Au front depuis le début des hostilités, dans les circonstances les plus difficiles, il a toujours fait preuve du plus parfait mépris du danger en assurant la liaison du régiment avec l'arrière. » En 1954, le stade du BO est officiellement rebaptisé stade Léon-Larribau, mais tout le monde continue de l'appeler Aguilera.

Julien Dufau, mort au Niger

Julien Dufau, ailier ou trois-quarts centre, voit sa carrière internationale naissante s'achever en 1914. Sous-lieutenant dans le 7e régiment d'infanterie coloniale, il commande une section de méharistes sénégalais au Niger, où il trouve la mort fin 1916. Il reçoit trois citations, dont deux à l'ordre de l'armée, et est promu Chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume en 1920. Son nom est donné au fort d'Agadez au Niger.

Daniel Ihingoué, médecin au chemin des Dames

Daniel Ihingoué, né à Ilharre, est étudiant à Bordeaux lorsqu'il est affecté comme médecin à un bataillon de Sénégalais. Il est tué à 28 ans lors de l'offensive du général Nivelle au chemin des Dames, le 16 avril 1917. Cette bataille, qui devait durer 48 heures, coûte la vie à 30 000 soldats français et sénégalais en une semaine.

Commémoration et mémoire

Pour honorer la mémoire de ces joueurs du BO morts pour la France, une cérémonie a lieu au monument aux morts du stade Aguilera, suivie de la commémoration de l'Armistice sur l'esplanade des anciens combattants. Le stade Aguilera, rebaptisé Léon-Larribau en 1954, a vu sa plaque en marbre disparaître lors de travaux, avant d'être réparée et installée au Musée du BO. Mais le nom officiel est souvent oublié.

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