Wout Van Aert triomphe enfin à Paris-Roubaix, mettant fin à sa malédiction
Van Aert vainqueur de Paris-Roubaix, fin de la malédiction

Wout Van Aert réalise son rêve à Paris-Roubaix

Le coureur belge Wout Van Aert a décroché dimanche son premier Paris-Roubaix au terme d'une édition spectaculaire, devançant au sprint le Slovène Tadej Pogacar. « Cette victoire signifie tout pour moi », a déclaré le champion, visiblement ému, après avoir remporté la 123e édition de l'Enfer du Nord.

Une revanche sur le sort

Formidable champion devenu ces derniers temps le perdant magnifique du peloton, le Belge a pris une revanche éclatante sur le sort dans une course qui l'obsédait depuis sa première participation en 2018. Il y avait découvert la rudesse de la Reine des classiques jusqu'à l'extrême avec la mort dramatique de son coéquipier, Michael Goolaerts, retrouvé inconscient dans le secteur pavé de Viesly avant de décéder dans la soirée d'un arrêt cardiaque.

« Ça fait huit ans depuis je voulais lever le doigt au ciel pour Michael ici », a souligné le coureur de Visma-Lease a bike, fauché par l'émotion. Lui qui rêvait depuis l'enfance d'une victoire dans l'une des deux grandes classiques pavées avec le Tour des Flandres a enfin concrétisé son ambition.

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Ironie du sort pour van der Poel

Ironie de l'histoire, l'éternel maudit a mis fin à sa série noire sur les classiques le jour même où son rival de toujours, Mathieu van der Poel, a connu la malchance avec une double crevaison dans la terrible Trouée d'Arenberg. « À partir de là, je savais que ma course était finie », a commenté le triple vainqueur sortant qui a tout de même trouvé la force pour terminer quatrième, derrière le Belge Jasper Stuyven et devant le Français Christophe Laporte.

Lors d'une journée où tous les favoris ont connu au moins une crevaison, Wout Van Aert a lui aussi failli vivre une nouvelle désillusion à Roubaix où il avait fini deuxième en 2023, troisième en 2024 et quatrième l'an dernier. Mais tous ses doutes et des années de malchance, de chutes, de maladies et de blessures ont été balayés dans le vélodrome.

Un duel épique avec Pogacar

Le Belge a cloué sur place Tadej Pogacar avec lequel il était parti à 53 km de l'arrivée, dans le secteur pavé d'Auchy-lez-Orchies. « Mes jambes étaient comme des spaghettis », a commenté le Slovène, complètement cuit après un combat de 5 h 16, battant le record de vitesse.

« Presque tout le monde a connu des problèmes aujourd'hui. Moi-même j'ai crevé trois fois et changé trois fois de vélo. Ça m'a coûté de l'énergie. J'ai vite réalisé que ça allait être impossible de lâcher Wout Van Aert sur les pavés et de le battre au sprint. Il mérite sa victoire », a ajouté Tadej Pogacar, déjà deuxième l'an dernier.

La résistance du dernier Monument

Le double champion du monde, qui avait rendez-vous avec l'histoire, manque ainsi l'occasion de remporter le dernier Monument qui lui résiste. « Je reviendrai essayer, c'est certain, peut-être pas l'année prochaine, mais j'ai encore quelques années devant moi », a-t-il ajouté après son douzième podium de suite sur un Monument.

« Il n'y a pas un mec qui mérite plus que lui de gagner Paris-Roubaix », a résumé Christophe Laporte qui, placé dans le groupe de poursuivants avec Mathieu van der Poel, Jasper Stuyven, Mads Pedersen, Stefan Bissegger et Mick van Dijke, a « essayé de ralentir pour ne pas qu'on revienne » sur le duo de tête.

Collaboration et limite extrême

Devant, Tadej Pogacar et Wout Van Aert ont collaboré, le Slovène essayant de l'attaquer dans chaque secteur pavé difficile, à Mons-en-Pévèle ou dans le Carrefour de l'Arbre. « Le plus dur pour moi était d'arriver jusqu'au vélodrome tellement il m'a poussé à la limite », a rapporté Wout Van Aert.

Une fois dans le vélodrome, le Belge savait « exactement quoi faire ». « Ce sprint, je l'avais déjà fait tellement de fois dans mes rêves. Il n'y a rien de plus beau que de battre au sprint le champion du monde. Ça valait le coup de souffrir dans sa roue ».

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La pression devenue colossale

Pour le Campinois, premier Belge à s'imposer à Roubaix depuis Philippe Gilbert en 2019, la pression était devenue colossale au fil des ans. « J'ai arrêté d'y croire tellement de fois mais seulement pour me réveiller le lendemain avec l'envie de continuer à me battre. Et aujourd'hui, je suis enfin récompensé ».

Cette victoire marque non seulement la fin d'une longue quête personnelle pour Wout Van Aert, mais aussi un moment fort en émotion pour tout le monde du cyclisme, rappelant la mémoire de Michael Goolaerts et la persévérance nécessaire pour triompher sur les pavés du Nord.