Dans le cadre de la série d'été « Le Tour sur canapé », Le Point donne la parole à des personnalités marquantes de la Grande Boucle. Pour le cinquième et ultime épisode, Jean-Marie Leblanc, directeur du Tour de France de 1989 à 2006, revient sur les moments les plus tendus de son mandat. Interrogé par Laurent Galinon, il lâche une confession rare : « J’ai eu peur pendant plusieurs jours que le Tour n’aille pas à Paris. »
Une confession qui en dit long
Cette crainte, Jean-Marie Leblanc ne l’avait jamais exprimée avec autant de franchise. Pourtant, durant ses dix-sept années à la tête de l’épreuve, il a traversé des tempêtes. La plus célèbre reste l’affaire Festina en 1998, qui a éclaté lors du Tour lui-même. Des perquisitions, des arrestations, des coureurs mis en examen : le scandale de dopage a failli faire annuler l’édition. « Pendant plusieurs jours, on a vraiment pensé que les coureurs refuseraient de partir, ou que les autorités nous interdiraient de continuer », se souvient-il.
Un directeur sous pression
Leblanc a dû gérer des crises multiples : dopage, boycotts, accidents graves. En 2004, le Tour a été marqué par la chute spectaculaire de Joseba Beloki et l’attaque de l’Izoard. Mais jamais il n’avait été aussi proche de l’annulation qu’en 1998. « J’ai eu peur, oui, et je n’étais pas le seul. Les sponsors, les médias, le public : tout le monde retenait son souffle. »
L’héritage d’un patron
Jean-Marie Leblanc a pris sa retraite en 2006, laissant un Tour plus surveillé mais aussi plus contesté. Il reste une figure respectée, dont les confidences permettent de comprendre les coulisses de la plus grande course cycliste du monde. Aujourd’hui, il suit le Tour depuis son canapé, « avec moins de stress », dit-il en riant.



