Les contrôles antidopage mécanique sur le Tour de France sont menés avec des méthodes dignes du FBI, mais avec des moyens bien inférieurs, selon une enquête de Libération publiée ce 19 juillet. L'Union Cycliste Internationale (UCI) utilise des scanners à rayons X et des détecteurs de métaux pour traquer les moteurs cachés dans les vélos, mais le budget alloué reste limité.
Des méthodes high-tech mais des ressources limitées
Depuis 2016, l'UCI a intensifié ses contrôles après plusieurs scandales de dopage mécanique. Les inspecteurs, souvent d'anciens agents de police, utilisent des tablettes pour analyser les images des scanners. « On fait comme le FBI, mais avec beaucoup moins de ressources », confie un contrôleur sous couvert d'anonymat. En 2022, l'UCI a réalisé plus de 1 000 contrôles sur le Tour, mais seulement 10 % des vélos sont inspectés chaque jour.
Un coût élevé pour une efficacité relative
Chaque scanner coûte environ 100 000 euros, et l'UCI dispose de seulement quatre appareils pour l'ensemble de ses courses. Selon un rapport interne, le budget annuel pour la lutte contre le dopage mécanique est de 2 millions d'euros, soit 0,5 % du budget total de l'UCI. « Nous faisons de notre mieux avec les moyens que nous avons », déclare un porte-parole de l'UCI. Malgré ces efforts, aucun cas de dopage mécanique n'a été détecté sur le Tour depuis 2016, ce qui suscite des doutes sur l'efficacité des contrôles.
Des critiques sur la fiabilité des tests
Certains experts estiment que les scanners peuvent être trompés par des moteurs bien dissimulés. « Les fraudeurs sont toujours en avance d'un train », explique un ancien coureur. L'UCI reconnaît que la technologie évolue rapidement et travaille avec des laboratoires pour améliorer les détections. En 2023, un nouveau protocole de test magnétique a été introduit, mais son coût élevé limite son déploiement.
Un enjeu de crédibilité pour le cyclisme
Le dopage mécanique reste une menace pour l'image du cyclisme. « Si un moteur est détecté, ce serait une catastrophe pour le sport », affirme un dirigeant d'équipe. L'UCI espère que les nouvelles technologies permettront de renforcer la confiance. En attendant, les contrôleurs continuent leur travail avec des moyens limités, espérant que leur vigilance suffira à préserver l'intégrité de la course.



