La Nîmoise Constance Valentin, 28 ans, a bouclé son deuxième Tour de France consécutif à la 107e place. Elle reprend la course professionnelle dès ce week-end pour un Ladies Classics dans le Finistère, avec un objectif clair : « faire valoir la force accumulée » et connaître son avenir.
Une coureuse entre attaque et service d'équipe
Constance Valentin, née à Nîmes et vivant toujours à proximité, s'entraîne dans les Cévennes pour « compliquer via les montées ». Elle décrit des semaines entre quinze et vingt heures de vélo pour une semaine type avec compétitions. Cette proximité lui permet de reconnaître des étapes du Tour comme le Mont Ventoux, qu'elle avait gravi en mai.
Passée au VTT à l'âge de 10 ans, elle a gravi les échelons du régional à l'international avant d'être contactée, il y a trois ans, par l'équipe professionnelle Mayenne-Monbana-MyPie pour se mettre à la route. Elle a découvert son profil de coureuse, à mi-chemin entre l'offensive et le retrait intelligent au service des autres : « J'ai deux profils : je suis une attaquante qui essaie d'être dans les échappées, de faire la course, de ne pas rester en place car sans attaquer je m'ennuie. Et d'un autre côté, si la course fait que je n'arrive pas à être à l'avant, je vais protéger la leadeur, être une coéquipière aidant la fille qui est censée être la plus forte de l'équipe ».
Elle s'épanouit dans l'aide aux autres grâce à une connaissance de soi fondamentale : « Je sais où sont mes forces : je ne suis pas assez bonne en montagne pour y gagner une course donc je préfère donner mon énergie aux autres. Par contre, si l'opportunité vient dans une échappée, je sais que je suis assez entraînée pour gagner ainsi ».
Un Tour de France conclu « malgré l'adversité »
Au sortir de deux Tours de France, Constance Valentin a conforté des certitudes sur ce qui lui est accessible et sur le niveau des filles autour. Pour les reconnaissances, elle a abordé l'entraînement en montagne par le bas : « Pour le Tour, on part toujours en montagne, Alpes ou Pyrénées, logeant souvent en haut. J'ai fait l'inverse : ne pas être en altitude mais loger en bas pour faire beaucoup de cols tout au long du stage ». Elle connaissait déjà les parties niçoises pour y avoir vécu, mais n'a pas reconnu le reste du parcours.
Du Tour, elle retient « positivement, le fait d'avoir terminé malgré l'adversité et la difficulté physique du parcours ». En négatif, elle regrette de ne pas avoir pu être à l'avant : « J'aurais aimé être à l'avant et dans une échappée, pouvoir me montrer et montrer le maillot de l'équipe mais le parcours était trop compliqué pour cela. Les plus grosses équipes ont préféré contrôler la course et laisser très peu d'échappées ».
Un avenir à confirmer ce week-end
Sur les deux prochains week-ends de course, samedi dans le Finistère puis quatre jours en Ardèche et dans la Drôme, l'enjeu est de taille. Constance Valentin annonce : « Je ne connais pas encore mon avenir autant dans l'équipe qu'en général. Je veux montrer, pour la saison prochaine, que j'ai toujours ma place dans ce milieu ».
Elle sait où elle en est : « Dans mon placement, je sais que dans le peloton j'ai été beaucoup plus à l'aise cette année, j'ai pu autant aider qu'attaquer. C'est une préparation différente, sur trois semaines, on double le volume d'entraînement, montant à trente heures. Alors, pour les courses prochaines, je dois pouvoir montrer la force que j'ai accumulée pendant le Tour de France ».



