Une violente tornade s'est abattue sur le Thunder. Une tornade qui a pris la forme d'une défense de fer et d'une agressivité de tous les instants de la part des Spurs. San Antonio Spurs a relancé les finales de conférence ouest : la victoire (103-82) des coéquipiers de Victor Wembanyama, la nuit dernière face à Oklahoma City, met à égalité les deux équipes (2 victoires chacune), dans un duel d'une intensité à peine croyable, entre les deux formations les plus régulières, cette saison.
Wemby, lui, a assumé sereinement son rôle de leader, aussi bien sur le plan des statistiques (33 points, 8 rebonds, 5 passes, 3 contres) que dans la gestion du jeu. La série se fait plus indécise que jamais. La prochaine manche, qui aura lieu mardi soir dans l'Oklahoma, fera-t-elle définitivement pencher la balance d'un côté ? Près de neuf fois sur dix, les équipes qui ont mené 3-2 dans une série qui se joue au meilleur des sept matchs (la première formation à 4 victoires est qualifiée) ont fini par valider leur billet. Mais cette série ne ressemble à aucune autre, et il faut croire que rien ne sera joué avant la dernière seconde, la dernière possession.
Wembanyama a tenu sa promesse
La nuit dernière, les Spurs ont fait ce qu'il fallait pour rester en course, eux qui affichent une moyenne d'âge très basse, l'une des plus basses de l'histoire des playoffs NBA. Leur jeunesse ? Ils s'en servent comme d'un moteur pour aller chercher ce que personne n'imaginait capable. Il y a deux jours, après la défaite lors du match 3, Victor Wembanyama avait confié qu'il devait « en faire plus ». Message parfaitement appliqué sur le parquet : après six minutes de jeu la nuit dernière, il avait déjà inscrit 7 points, réalisé 2 passes et 1 contre.
Les Spurs ont pris le match par le bon bout, creusant rapidement un écart qui n'a jamais été comblé par le Thunder. Les Spurs ont pressé fort. San Antonio a multiplié les interceptions, et fait complètement déjouer le champion en titre. Les pourcentages de réussite du Thunder ont été faméliques (33 % dont 18 % à trois points). Les joueurs d'Oklahoma City ont été essorés par la défense sans relâche des Spurs. Dès le milieu du premier quart-temps, Shai Gilgeous-Alexander (19 points, 7 passes) s'est assis sur le banc, le regard perdu dans le vide qui disait tout de l'incapacité de son équipe à trouver des solutions à la furie texane.
Les Spurs et l'agressivité défensive
Les Spurs ont également revu leur rotation. Ils éprouvaient de sérieuses difficultés à gérer les passages sur le banc de Wembanyama ? Ils ont trouvé la solution : ne pas sortir le Français, le laisser sur le parquet le plus longtemps possible, comme lors des 9 premières minutes du match, une première lors de ces playoffs. Et s'il n'a joué « que » 31 minutes la nuit dernière, ce n'est que parce que le score était acquis, et qu'il est sorti au début du quatrième quart-temps pour ne plus jamais revenir.
L'agressivité texane a été contagieuse. Devin Vassell a claqué un contre en début de match, Julian Champagnie s'y est lui aussi mis au cours du deuxième quart-temps, et à de nombreuses reprises, les joueurs du Thunder se sont retrouvés sans solution, au bout des 24 secondes, cafouillant le ballon devant l'absence de solution offerte par San Antonio. Tout le monde a compris que le match n'allait pas échapper aux Spurs lorsque Wemby a réussi un panier à 3 points… du milieu du terrain, littéralement, au buzzer qui mettait fin à la première période.
Avec une défense aussi efficace, les Spurs n'avaient pas besoin de marquer énormément : à la mi-temps ils n'avaient inscrit que 50 points, mais le Thunder n'était qu'à 38… Leur défense est leur meilleur atout, et elle vient compenser les soirées sans de plusieurs de leurs éléments, Champagnie notamment (2 points) ou encore Keldon Johnson (6 points), dont le révélateur des playoffs n'est pas tout à fait à leur avantage.
L'écart est monté jusqu'à 25 points et San Antonio a tranquillement géré sa fin de match. Wembanyama, lui, a fait grimper le score : il a terminé -de loin- meilleur marqueur de la rencontre. Avec 33 points, il devance… SGA, le MVP de la saison régulière, bloqué à moins de 20 points.



