Antoine Jesel, médaillé paralympique, partage sa passion de l'aviron au Salagou
Antoine Jesel, médaillé paralympique, promeut l'aviron au Salagou

Antoine Jesel, médaillé de bronze paralympique en aviron à Tokyo 2021, a fondé l'Aviron Club du Salagou à Octon il y a cinq ans et encadre désormais des séances scolaires, des jeunes et une future section santé. Installé entre Celles et Octon, au niveau du relais nautique, le sportif de 44 ans profite d'un secteur abrité et calme pour pratiquer sa discipline et la faire découvrir.

Un pari osé qui a marché

Antoine Jesel a quitté la région parisienne et son poste au service communication du conseil départemental du Val-de-Marne pour s'installer en Cœur d'Hérault il y a six ans. « Les gens ont commencé à me voir ramer en 2020. Ce devait être après les Jeux de Tokyo, mais ils ont été décalés d'un an avec le Covid. Du coup, on a quand même déménagé et j'ai fini mes entraînements seuls, ici. C'était un pari osé qui a marché », raconte-t-il.

Un an plus tard, avec la prime de sa médaille paralympique, il achète ses premiers bateaux pour créer le club. « J'en ai acquis d'autres grâce à la générosité de clubs locaux pour développer progressivement l'activité », précise-t-il. Le club compte des adhérents qui évoluent en loisir ou en compétition, avec des effectifs en hausse chaque année.

Un sport de glisse et de sensations

Antoine Jesel a découvert l'aviron par hasard à l'âge de 10 ans. « C'est un sport de glisse, de sensations, et quand on arrive à se synchroniser avec les autres, sentir que le bateau déjauge et qu'on est en symbiose avec l'équipe, c'est très enivrant », explique-t-il. Après un grave accident de la route, il s'est servi de l'aviron pour reprendre sa vie en main, avant de décrocher de nombreux titres et podiums en France et sur la scène internationale, jusqu'à la médaille paralympique au Japon il y a cinq ans.

« Au départ, je voulais simplement remonter un bateau adapté à mon handicap avec une planche de pied, et pouvoir repratiquer. C'est un sport de glisse, technique dans lequel j'ai performé et j'ai été sélectionné en équipe de France sur un projet haut niveau », ajoute-t-il.

Des sections jeunes et santé

Le samedi, de 10 h à 12 h, l'Aviron Club du Salagou accueille une dizaine de jeunes de 10 à 18 ans. Les adhérents viennent d'Octon, Salasc, Lodève, Lunas, Clermont, Brignac, Gignac. « Il y a une belle mixité sociale et générationnelle. Chacun pratique à l'année à son rythme dans un cadre naturel idéal à préserver, un site Natura 2000 auquel nous sommes attachés, nous les rameurs », souligne Antoine Jesel.

Le club travaille déjà avec des scolaires du territoire et proposera, en lien avec la Maison sport santé Cœur d'Hérault, une section aviron santé en janvier prochain. Antoine Jesel souhaite également organiser « comme il y a trente ans, des championnats de l'Hérault sur le lac, ou une régate annuelle ».

Un choix de vie au Salagou

Blessé dans la préparation et remplaçant à Paris 2024, Antoine Jesel vit désormais au milieu des paysages du Salagou, qu'il a découvert lors de ses études montpelliéraines sur la prévention des risques et hydrogéologie. « On venait souvent faire des sorties au lac et j'ai toujours eu envie d'y revenir y habiter en famille », confie l'entraîneur diplômé d'aviron.

« Quand on est confronté à un accident ou à la maladie, le sport peut changer les choses. Au-delà de ses bienfaits sur la santé, il permet de transmettre des valeurs de dépassement de soi, d'acceptation, de travail en équipe. C'est essentiel pour moi », conclut-il, fort de son parcours et de son engagement pour transmettre sa passion.