Marathon de Biarritz 2026 : un défi de taille pour les coureurs
Le marathon de Biarritz 2026 se déroulera le dimanche 3 mai. Avec un parcours particulièrement exigeant et ses 644 mètres de dénivelé, il promet de belles suées aux participants. Jérôme Camacho, entraîneur du Biarritz Olympique athlétisme et bénévole sur la course, livre ses conseils pour aborder sereinement cette épreuve.
Comment arriver en pleine forme le jour J ?
Pour être en pleine forme sur la ligne de départ, même sans être un coureur expérimenté, il est essentiel de bien déjeuner, idéalement trois heures avant le départ. Privilégiez des glucides comme des pâtes ou du riz. Le départ étant à 7 heures, cela peut sembler tôt, mais au moins une heure avant est le minimum, sinon la digestion pourrait être compliquée. Il faut également bien s'échauffer pour préparer les muscles et faire monter le cardio.
La semaine précédant la course, il ne faut pas en faire trop : la dernière vraie séance d'entraînement a lieu le mardi, puis on récupère jusqu'au samedi. La veille, un petit footing en aisance respiratoire, un « bla-bla run » de trente minutes où l'on peut discuter facilement, est recommandé.
Que manger et boire avant et pendant la course ?
Il est important de prévoir des réserves, comme des barres de céréales ou des gels, mais uniquement des produits déjà testés à l'entraînement, car les gels ne sont pas toujours très digestes. La semaine avant la course, l'idéal est de manger beaucoup de légumes jusqu'au mercredi, puis d'augmenter les glucides à partir du jeudi. Pendant la course, la déshydratation est fatale. On peut ne pas s'en rendre compte : on perd en lucidité, on ralentit jusqu'au « black-out ». La première année, Jérôme Camacho a vu des cas assez sérieux, dont un athlète complètement désorienté, qui tombait, se relevait, et s'était même montré agressif quand on voulait l'aider. À ce stade, il n'y a plus assez d'oxygène qui arrive au cerveau. Cette année, il n'y aura d'ailleurs plus de bouteilles en plastique aux ravitaillements pour des raisons écologiques. Les coureurs devront donc impérativement prévoir un gobelet ou une flasque à remplir.
Comment gérer son effort tout au long du marathon ?
À Biarritz, la difficulté réside dans le dénivelé de 644 mètres. Il faut donc bien gérer les montées, ne pas s'emballer même si elles sont courtes, et éviter aussi d'en faire trop dans les descentes. Le réflexe est d'accélérer, mais on le paie ensuite. Il est surtout important de bien connaître le parcours et de ne pas se fier à son allure habituelle. Un coureur qui part sur son rythme de plat sera forcément surpris. En général, les meilleurs perdent entre 5 et 10 minutes, ce qui est énorme. À Biarritz, il ne faut pas miser sur le record personnel.
Quels sont les passages les plus techniques du parcours ?
Il y a d'abord le lac Mouriscot, dès le départ, avec une bascule très rapide sur des sentiers. Les appuis peuvent y être déstabilisants. La difficulté s'accentue surtout vers la fin, au 28e kilomètre, avec la montée de Bidart, longue d'environ 2 kilomètres. Puis, les 10 derniers kilomètres ne sont qu'un enchaînement de montées et de descentes.
Et après la course ?
La demi-heure qui suit l'effort, il faut recharger en glucides et en minéraux, en buvant de l'eau gazeuse, par exemple. En principe, il ne faudrait pas boire trop de bière, car cela peut faire mal. La semaine qui suit est consacrée au repos, ensuite on peut faire du vélo ou de la natation dans un premier temps. Les athlètes de Jérôme Camacho qui ont couru le marathon de Milan, le 12 avril dernier, ne reprendront la course que la semaine prochaine. C'est important aussi bien pour le physique que mentalement, pour avoir envie de reprendre l'entraînement.



