De notre envoyé à Roland-Garros, entre ici, Maja Chwalinska. En battant Anna Kalinskaya en quarts de finale de Roland-Garros ce mercredi, la Polonaise est rentrée dans le club des demi-finalistes anonymes à Paris, succédant aux illustres Loïs Boisson, Martina Trevisan (2022) et surtout Nadia Podoroska (2020), avec qui elle a en commun d'être sortie des qualifications. Un exploit qui lui ouvrira les portes du top 30 et de la richesse – son butin parisien s'élève désormais à 750.000 euros – en attendant mieux, jeudi, contre la non moins surprenante Diana Shnaider.
Qui est cette jeune joueuse de 24 ans ?
Mais qui est cette jeune joueuse de 24 ans, dont les ronds diaboliques, capables de propulser la balle à hauteur de Tour Eiffel, cueillent ses adversaires comme la faucheuse ? D'où sort-elle ? Quels sont ses réseaux ? 20 Minutes mène l'enquête.
Finaliste de l'Open d'Australie juniors avec Swiatek en doubles
Maja Chwalinska ne sort pas tout à fait de nulle part. La joueuse issue des qualifications fait partie de la génération 2001, celle d'Iga Swiatek, dont elle est proche depuis l'enfance. Les deux amies avaient même atteint la finale de l'Open Australie juniors en 2017, avant de se retrouver plus tard sous les couleurs de la Pologne en Fed Cup. Mais il semblerait que la quadruple lauréate de Roland-Garros, éliminée au 4e tour, ne surjoue pas la carte de l'enthousiasme pour sa copine. « Elle m'a juste dit "félicitations !" », résumait Chwalinska en conférence de presse. Une froideur de façade ? « Ce n'est pas un hasard si nous avons gagné tous ces tournois juniors et la Junior Fed Cup ensemble. Elle fait semblant de ne pas être mon amie, mais elle l'est », déclarait Iga Swiatek à propos de sa compatriote au détour d'un match de United Cup, début 2025.
Elle a connu la dépression
Swiatek et Chwalinska ont tout connu ensemble à leurs débuts. Elles ont effectué leurs débuts chez les pros en même temps, au tournoi de Zawada en 2015, avant de remporter l'année suivante leur première rencontre sur le circuit ITF, à Torun. Les trajectoires ont finalement bifurqué, malgré le talent certain de la nouvelle demi-finaliste de Roland-Garros. La dépression est passée par là. « En 2019, j'ai commencé à me sentir mal, déclarait-elle dans des propos repris par le site de la WTA en 2022. D'abord sur le court, puis en dehors, et cela m'a menée à la dépression. Ce que j'aimais le plus est soudainement devenu une source de souffrance. J'associais le tennis à la pression, au stress et aux larmes. J'ai géré ça jusqu'à Wimbledon [2021], où j'ai décidé de faire une pause. » À force de se dévaloriser à cause des résultats négatifs, la Polonaise, qui avait pris son indépendance, fait marche arrière pour se cloîtrer chez ses parents et se couper du tennis. « Honnêtement, je ne savais pas que je reviendrais, car ça n'allait pas du tout. J'avais des pensées noires. C'était difficile de sortir de chez moi. Je n'avais envie de rien. » Elle trouvera son salut dans la thérapie, la course à pied et la boxe.
Elle aime jouer aux Legos et aux cartes pour s'occuper l'esprit
D'apparence imperméable aux événements sur le court, la tombeuse de Diane Parry en 8es de finale fait tout pour épargner sa santé mentale entre les matchs. Pour ne pas vriller, elle se tient loin des réseaux. « Je n'aime pas les réseaux sociaux, je dirais. Ce serait trop pour moi, pour le moment. Je coupe court, je me déconnecte et je laisse de côté les réseaux sociaux. Et puis, je suis bien entourée. Il y a des personnes qui sont très proches de moi depuis très longtemps, je peux leur faire confiance. » Par exemple, son manager Piotr Szczypka s'est chargé de l'emmener manger une glace au bord de la Seine sur un de ses jours off, entre autres choses évoquées dans la presse polonaise. « Maja aime aussi construire des Legos, alors je lui en ai acheté une boîte. Elle les a construits, et nous avons joué aux cartes. En plus, elle a reçu une boîte de Legos de ses parents, et de moi quelques jours plus tôt, car je lui avais promis qu'elle l'aurait si elle passait le premier tour. J'ai cherché partout dans Paris pour trouver cette boîte. » L'année dernière, Lego Pologne avait félicité son ambassadrice Iga Swiatek en lui offrant une construction en forme de fraise. Maja Chwalinska est peut-être à deux victoires d'avoir droit à la sienne.



