Luciano Asevedo, le nouveau deuxième ligne argentin du Rugby Club Toulonnais, est un joueur dur sur le terrain mais un « nounours » dans la vie. Recruté à l'intersaison pour deux saisons, il arrive en Top 14, un championnat qu'il qualifie de « rêve ». À 22 ans, ce colosse de 2,03 m et 125 kg a déjà un parcours marqué par les blessures et une passion pour l'agriculture.
Un guerrier sur le terrain
« Quand on le recrute, c'est parce que c'est un connard. Il est dur. Et il en faut. » Cette introduction signée Cédric Béal, dans le podcast Les Causeries de la Rade du 10 août 2026, résume l'état d'esprit du joueur. Asevedo confirme : « Si l'on parle uniquement du terrain, oui ! J'aime bien me bagarrer. Bon, en restant raisonnable, parce que sinon, je reçois un carton et ce n'est pas profitable (rires). Mais c'est vrai que j'apprécie les contacts et l'intensité. »
Membre de l'équipe type de l'année en Súper Rugby Americas et demi-finaliste avec les Tarucas la saison passée (15 matchs joués, 14 titularisations), il a intégré à plusieurs reprises le groupe des Pumas sans toutefois honorer de cape. Son jeu combatif a attiré l'attention du RCT.
Un « nounours » passionné d'agriculture
Derrière son apparence fermée, Asevedo se décrit comme « très câlin, très affectueux ». Surnommé « Chipi » au Campus RCT, il avoue : « Quand j'aime quelqu'un, il est comme mon frère. » Né le 28 mai 2004 à Mendoza, il a été éloigné du rugby par son père, agent de collecte dans un hôpital et ancien joueur amateur, qui craignait pour lui. Il commence par le football, fan de River Plate, et rêve de devenir fermier : « Je voulais devenir footballeur et avoir un champ avec ma famille ! »
Aujourd'hui, il prépare à distance un diplôme universitaire en agronomie : « Au moins, quand j'arrêterai le sport de haut niveau, je pourrai faire autre chose. J'adorerais travailler dans l'agriculture et avoir mes petits animaux, mes vaches, mes chiens… »
Un parcours semé d'embûches
Asevedo commence le rugby à 11 ans au Liceo RC de Mendoza, après qu'un ami de son père a convaincu ce dernier. Grand et costaud, il devient un espoir à son poste. Mais les blessures s'enchaînent : rupture d'un ligament croisé, opération d'un ménisque, puis d'une épaule. Il manque notamment le Mondial U20 en 2023. « Après ma blessure au genou, j'ai mis un an et demi à récupérer. Encore aujourd'hui, je travaille pour garder toujours autant de force », confie-t-il.
Malgré ces chutes, il se relève aux Dogos, aux Pampas ou aux Tarucas. « Quand j'ai joué en “équipe une” pour la première fois, je me suis aperçu de mon potentiel. J'ai eu une sorte de déclic mental, comme si je n'avais pas de plafond. Alors, malgré les chutes, j'ai toujours eu envie d'aller plus loin. »
Un rêve devenu réalité à Toulon
Ce « plus loin » l'a mené au Top 14 et au RCT, un club qu'il connaissait via de grands joueurs argentins et un ancien coach du Liceo RC, Matias Cortese, qui a joué à Toulon en 2014-2015. À 19 ans, on l'avait contacté pour un centre de formation en France, sans suite. Il pense qu'il s'agissait de Toulon. Désormais, il se dit prêt : « Je me considère comme un joueur agressif, qui adore le combat. Alors, même si je dois encore m'adapter à ce niveau, je crois que oui (sourire). »
Il promet de raser sa longue chevelure s'il décroche une première cape avec l'Argentine. « Si je décroche une première cape avec l'Argentine, je le ferai », assure-t-il. Un signe qui serait bon pour lui et pour le RCT.



