Sacrée championne d'Europe en Waszp cet été, Louise Métenier, 18 ans, sociétaire du Yacht Club Mauguio Carnon (YCMC), a trouvé son équilibre sur ce dériveur à foils. Elle ne se voit plus lâcher la barre, même si elle a fait équipe en J70 avec une autre licenciée du YCMC, Camille Duverger, pour les championnats de France à Martigues en ce début de semaine.
Une passion transmise par son père
La Montpelliéraine a reçu cette passion pour la navigation de son papa, qui l'a embarquée très jeune sur son bateau. Elle a commencé en Optimist à l'âge de 7 ans, sur le Ponant à La Grande-Motte et à Carnon, jusqu'à ses 11-12 ans, avant de s'essayer au 420 (à deux) puis au Waszp. Elle a découvert ce dériveur solitaire à foils il y a trois ans, une embarcation qui peut filer à plus de 20 nœuds une fois ses ailes déployées.
« Quand j'ai commencé le Waszp, il y a trois ans, je me suis dit : "c'est ce que je veux faire". Cette sensation de voler, de glisse, d'être libre. C'est incroyable. De traverser l'air. Quand on est en vent arrière et que ça souffle, il faut être concentré pour éviter de dessaler ou de piquer dans la vague et cette sensation d'adrénaline qui monte à la tête, au cœur, on entend le bruit des foils, c'est le corps qui vit et c'est incroyable », confie-t-elle.
Un été couronné de succès
Cette sensation est parfaitement maîtrisée puisque l'Héraultaise est devenue championne d'Europe de la spécialité le mois dernier, en Espagne. Après une saison partagée entre ses études, alors en première à l'école privée bilingue internationale de Baillargues, Louise a commencé son été par la Foiling Week en Italie, un des plus gros événements de la voile à foil, où elle a signé la deuxième place. Elle a ensuite pris la troisième place à seulement un point de la première, à Marseille, sur une étape du circuit WLS féminin sur les J70 (4-5 juillet).
« On était un peu déçues et à la fois très contentes de notre première régate toutes ensemble », a-t-elle déclaré. Devançant l'appel des Europe, elle s'est alignée sur le championnat espagnol, à Mar Menor, « comme un training afin de m'habituer au plan d'eau, au vent, en vue du championnat d'Europe (13-17 juillet) que j'ai remporté ».
Un double projet d'études et sportif
Ce titre la conforte dans son double projet scolaire et sportif, avec l'ambition de rejoindre une université américaine qui inclue une section voile, en Waszp bien sûr. « Ça peut m'aider pour le recrutement pour les universités américaines. Et pour ma confiance. Je me dis que maintenant, j'atteins un point où je navigue avec les meilleurs et pour le championnat du monde 2027 en juin en Italie à Torbole, je peux rivaliser et potentiellement gagner. Ça me donne une bonne vision de ce que je peux faire, de mes capacités », explique-t-elle.
Son titre européen lui ouvre déjà les portes des All Stars du 9 au 11 octobre avec les huit meilleures femmes et hommes en Waszp à Cadix en Espagne. Elle fera sa rentrée en terminale début septembre, une priorité qui, comme cette année, va l'amener à moins pratiquer sur l'eau mais à poursuivre des entraînements physiques. Elle a aussi intégré la Team Dry Laps, qui rassemble des champions internationaux à Imperia en Italie.
« Ça permet d'avoir de l'adversité dans ma catégorie de voile 7.35. Ce que j'aime au sein des Waszp, c'est que comme c'est une petite classe, 300 bateaux à faire les mondiaux, je trouve qu'on est une petite famille. Tout le monde se connaît. On se bagarre sur l'eau comme pas possible, en mode compétition, mais une fois qu'on a franchi la ligne d'arrivée, il y a une bienveillance, une entraide que j'adore, sourit Louise. Je ne pourrais pas m'en passer. C'est mon p'tit chez moi. C'est des amis que je connais depuis trois ans et d'autres que j'ai connus en Optimist, en 420 et ce sont des connexions ; des amitiés que je garderai toute ma vie. »



