Le président américain Donald Trump a signé, jeudi 27 août 2026, un décret renommant le lac Ontario en « lac Amérique », une mesure qui s'impose aux agences fédérales américaines mais qui ne lie ni le Canada, ni les organismes internationaux, ni d'autres organisations. La décision, annoncée deux jours après une première évocation mardi 25 août, a été immédiatement rejetée par le Premier ministre canadien Mark Carney et la gouverneure de l'État de New York, Kathy Hochul.
Un décret aux effets limités
« Nous allons changer le nom du lac Ontario, avec effet immédiat, en lac Amérique », a déclaré Donald Trump devant les journalistes dans le Bureau ovale, ajoutant : « C'est une chose à laquelle je réfléchissais depuis longtemps, en fait ». Le décret présidentiel donne pour directive au secrétaire américain à l'Intérieur, Doug Burgum, et à ses services d'effectuer les changements nécessaires, selon un conseiller de la Maison Blanche. Le nouveau nom devra être utilisé par toutes les agences fédérales américaines.
Le lac Ontario est l'un des cinq Grands Lacs d'Amérique du Nord. Il borde la province canadienne éponyme et l'État américain de New York. Environ 52 % de sa surface se trouve au Canada, aux termes d'un traité signé en 1909. Le décret américain ne gouverne toutefois pas les choix du Canada, d'organismes internationaux et d'autres organisations.
Réactions canadiennes et américaines
Quelques heures après l'annonce, le Premier ministre canadien Mark Carney a déclaré que le nom du lac, vieux de plus de 400 ans, ne changerait pas. « Les Canadiens savent aussi que nommer la réalité signifie appeler tel quel le lac Ontario – à l'époque, maintenant et toujours », a-t-il affirmé. La gouverneure démocrate de l'État de New York, Kathy Hochul, a tenu un commentaire similaire.
Le gouverneur républicain de l'État du Vermont, frontalier du Canada et de l'État de New York, a jugé « mesquine et décevante » la décision de Donald Trump. Depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, le président américain a exprimé à plusieurs reprises sa volonté de faire du Canada le 51e État américain, une hypothèse rejetée et décrite comme ridicule par les dirigeants canadiens. Pour la plupart, les Canadiens considèrent cette annonce comme une insulte et une provocation.
Une guerre commerciale aggravée
Donald Trump avait déjà déclaré mardi 25 août qu'il envisageait de modifier le nom du lac Ontario, écrivant sur son réseau Truth Social que les États-Unis ne s'attendaient plus à « avoir pendant longtemps encore » de relations commerciales avec l'Ontario. Cette annonce alimente la querelle entre les États-Unis et le Canada, dont les relations se sont dégradées à un plus bas niveau de plusieurs décennies avec l'échec des négociations commerciales.
Le gouvernement canadien avait annoncé des représailles aux surtaxes douanières américaines entrées en vigueur pour 20 milliards de dollars d'importations canadiennes. Cette démarche ne devrait pas favoriser de nouvelles négociations commerciales entre Washington et Ottawa.
Une popularité en berne
Alors que sa cote de popularité est au plus bas depuis le début de son second mandat, Donald Trump peine à résoudre cette guerre commerciale, qui alimente aussi l'inflation dans son pays. Il doit également faire face à la guerre avec l'Iran déclenchée en février dernier aux côtés d'Israël, alors qu'il avait fait campagne en promettant d'éviter de nouveaux conflits et de lutter contre l'inflation.
La fermeture de facto du détroit d'Ormuz par l'Iran, en réponse aux bombardements américano-israéliens, a provoqué une flambée des prix mondiaux de l'énergie, dont une hausse des coûts du carburant aux États-Unis. Cette situation constitue une épine dans le pied des pairs républicains de Donald Trump en amont des élections de mi-mandat au Congrès en novembre prochain.
Vers un « Océan Amérique » ?
Le président américain a également laissé entendre jeudi qu'il envisageait de renommer des océans. « Nous avons un golfe (du Mexique, rebaptisé Golfe de l'Amérique par Trump) et nous avons un lac. Tout ce dont nous avons besoin désormais est d'un océan », a-t-il dit. « Peut-être qu'on devrait changer le nom de l'Atlantique ou du Pacifique, ou peut-être les deux ».



