Arthur Bauchet : émotions, déceptions et double projet ski-cyclisme
Arthur Bauchet : émotions et double projet ski-cyclisme

Un peu plus de deux mois après ses Jeux paralympiques ponctués de trois médailles en ski, Arthur Bauchet en dresse le bilan. Il nous a reçus chez lui à Grimaud, en cette fin de mois de mai. L’occasion aussi de prendre des nouvelles de sa saison de paracyclisme, lui qui court sur tous les tableaux.

Un bilan mitigé mais trois médailles

Avec du recul, comment analysez-vous vos Jeux ? « À froid et un peu plus de deux mois après avoir disputé ces Jeux, il y a forcément de la déception car j’avais annoncé que je souhaitais remporter les cinq titres. La dernière course, le slalom, a été la plus grosse déception de ma carrière alors que j’étais invaincu depuis 2022 dans cette discipline. »

Vous êtes reparti avec trois médailles... « C’est ce que tout le monde me dit lorsque je parle de mes déceptions, quand je dresse mon bilan qui est, selon moi, plus que mitigé. Avec maintenant beaucoup de recul, je suis fier de ce que j’ai accompli lors de ces Jeux paralympiques qui ont été très particuliers en ce qui me concerne... »

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Des émotions intenses

Vous pouvez nous en dire plus ? « J’ai vécu des Jeux complètement dingues au niveau des émotions. Mes parents, ma famille et mes amis étaient présents en Italie, je pleurais à chaque fois que je les voyais dans les tribunes. C’est simple, je n’ai fait que chialer pendant ces Jeux, de joie mais aussi de tristesse. Tous les sentiments se sont mélangés... C’était fou ! »

Au final vous pouvez être fier ? « Oui complètement, d’autant plus que mes Jeux auraient pu s’arrêter après ma blessure au pouce (arrachement des ligaments) lors du Super-G. Je suis désormais quintuple champion paralympique et détenteur de onze médailles... Il y a vraiment de quoi être fier ! »

Les axes de travail pour le ski

Sur quel(s) axe(s) de travail allez vous mettre l’accent ? « Il faut absolument que je m’améliore sur les épreuves de vitesse, tout en continuant d’être fort sur les autres. La prépa de ma saison de ski va débuter dès le mois de juin avec comme objectif les prochains championnats du monde en 2027. Ils auront lieu en France, du côté de Tignes. Il va falloir aussi que j’adapte cette prépa avec ma saison de vélo, qui n’est pas encore terminée. »

Une saison de paracyclisme prometteuse

D’ailleurs, celle-ci a plutôt bien débuté ? « En effet, j’ai remporté deux contre-la-montre de Coupe du monde et j’ai fini 2e et 3e sur les courses en ligne (début mai). C’est cool. Je suis focus sur les prochains championnats d’Europe (du 9 au 15 juin en Italie à Magnago, près des Dolomites) et les championnats du monde en septembre à Huntsville, dans l’Alabama. »

Gérer les deux disciplines

Comment gérez-vous les deux disciplines ? « C’est un double projet qui selon moi, a du sens. Comme je viens de le dire, il va falloir articuler cet été ma prépa de ski avec ma saison de cyclisme. On va mettre en place, avec les staffs, un programme en conséquence. J’ai pour objectif les championnats du monde, ils se dérouleront eux aussi en France, au mois d’août à Annecy. L’année prochaine, je vais disputer deux mondiaux en France. C’est un challenge excitant. »

Vous semblez plus à l’aise dans le contre-la-montre ? « C’est effectivement plus facile pour moi. Lors d’un contre-la-montre... Tu pédales et tu fonces. On se bat contre le chrono. Il y a plus de stratégies dans les courses en ligne, je ne maîtrise pas encore tout. J’ai beaucoup de choses à apprendre. »

Les Jeux de 2030 en ligne de mire

Un dernier mot ? « On n’a pas abordé le sujet, mais il est évident que les Jeux paralympiques de 2030, à Nice et dans les Alpes françaises, sont dans un coin de ma tête. J’évoluerai devant ma famille, mes amis et les supporters des Bleus. »

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