Au XXe siècle, deux Héraultais, Georges Fraissinet et Marc-Antonin Azéma, ont marqué l'histoire de l'alpinisme en ouvrant 150 voies en Languedoc, dont les deux tiers dans le massif du Caroux. Ils étaient les compagnons de cordée de légendes comme Lionel Terray, Maurice Herzog, René Desmaison ou Gaston Rebuffat.
Des pionniers au Caroux
Le Caroux, en Haut-Languedoc, était leur premier terrain de jeu. Ce massif des Cévennes méridionales, culminant à 1091 mètres, offrait une variété de situations d'escalade comparable au massif de Chamonix. Georges Fraissinet, dit Jo, considérait le Caroux comme la meilleure école de France. Avec Azéma, ils y ont attiré les plus grands noms de l'époque.
Deux personnalités complémentaires
Marc-Antonin Azéma (1905-1954), médecin et organisateur de l'expédition au Fitz Roy en Patagonie, était un littéraire. Il a laissé des carnets d'expéditions détaillés, détruits par un incendie mais disponibles en ligne aux archives de l'Hérault. Georges Fraissinet (1911-1999), fils d'une grande famille bourgeoise de Pézenas, était un aventurier fantasque, doué pour de nombreux sports, dont le rugby international. Il est mort ruiné dans un studio aux murs hérissés de prises d'escalade.
Des exploits et des souvenirs
Les deux hommes ont ouvert des voies d'ampleur à Chamonix, comme la Grande Rocheuse à l'aiguille Verte, et la fissure Fraissinet de l'Hortus, cotée 6b. Fraissinet a réalisé 20 premières dans les Alpes et 150 en Languedoc. Sa fille, Anne-Marie Sirventon, se souvient des visites des héros de l'alpinisme à la maison, et de leur caractère bien trempé : Lionel Terray était insupportable, Maurice Herzog un con.
Un héritage vivant
Une exposition intitulée "Encordés avec les pionniers du Caroux" se tient à Colombières-sur-Orb à partir du 14 juin, retraçant ces aventures avec des photos de Sam Bié. Elle rend hommage à ces pionniers qui ont marqué l'histoire de l'alpinisme languedocien.



