Jeudi 9 juillet, le centre communal d’action sociale (CCAS) de Saint-Mathieu-de-Tréviers a organisé son second thé dansant, un rendez-vous festif ouvert à tous pour danser et partager un moment convivial. L’événement, animé par Gilles, chanteur et animateur, s’est déroulé dans la salle des familles et a rencontré un vif succès, confirmant l’engouement pour ces après-midis dansants.
L’héritage des bals musettes
Ces événements permettent aux danseurs de se retrouver l’après-midi pour virevolter sur les airs de leur jeunesse et profiter de leur pleine maturité. L’histoire des thés dansants est indissociable de celle de l’accordéon, instrument emblématique des bals musette. Mais dans les années 1980 et 1990, cet instrument était au fond du trou, délaissé par le disco et les boîtes de nuit d’un côté, les bals populaires et les disco mobiles de l’autre. Pour combler le manque d’un public qui ne se retrouvait pas dans l’offre dansante, les clubs de troisième âge ont pris le relais, suivis par d’autres associations et des structures communales. Ainsi sont nés des rendez-vous plus calmes, à des heures plus adaptées, autour de boissons douces, de pâtisseries et au son de la fameuse « boîte à frisson ».
Pour Mireille, l’accordéon lui remémore ses vingt ans, lorsqu’elle faisait ses premiers pas de danse chez Lallemand sur la place du village du haut. « À l’époque nous n’avions que ça pour nous amuser ! À présent, nous ne nous réunissons pas uniquement en fonction de notre âge, mais parce que l’on partage un même univers musical. Une génération se caractérise par une histoire et une culture communes. Ce sont ces éléments qui vont cimenter la cohésion d’un groupe », explique-t-elle.
Un répertoire traditionnel pour des danseurs aguerris
La plupart des danseurs, aujourd’hui septuagénaires, vivent sur leurs acquis – la danse c’est comme le vélo – et apprécient un répertoire traditionnel composé de paso-doble, valses, cha-cha et même tangos. Les nombreuses dames sans cavalier, la démographie imposant sa loi, se sont emparées du célèbre madison pour éviter de rester sur leur chaise. D’autres danses en ligne ont vu le jour, portées par des chanteurs animateurs qui remplissent pleinement leur rôle.
Alors que le fameux « Zaï, zaï, zaï, zaï » de Joe Dassin résonne à tue-tête, un nombre incalculable de passionnés tournent sur la piste de danse. Alain, qui dépoussière la bienséance des anciens avec sa pêche d’enfer, tempère : « Ces thés dansants jouent, à plus d’un titre, un rôle important de socialisation. Et ce n’est plus à prouver, ils font valser la solitude. » Il poursuit : « Je pense que beaucoup apprécient la commodité de ces rendez-vous en journée. Car, passé un certain âge, conduire de nuit s’avère compliqué. »
Prochaines dates
Les prochaines éditions sont prévues le 17 septembre et le 26 novembre. Pour tout renseignement, contacter la correspondante Midi Libre au 06 89 57 26 70.



