Tix, 28 ans, est sans-abri depuis douze ans. Sous une chaleur écrasante, il raconte son quotidien avec Sabrina, 35 ans, elle aussi à la rue. Alors que le thermomètre dépasse 37 °C à Montpellier, ils expliquent comment ils s'organisent pour survivre.
Des stratégies pour se rafraîchir
« Moi dès qu’il fait plus de vingt-cinq degrés, je suis dans le dur. Alors là… Et comme je suis passé deux fois proche du malaise, avec aller-retour à l’hosto, j’ai appris à me méfier de la chaleur ! » confie Tix. Avec Sabrina, ils connaissent tous les coins d’ombre de la ville. Ils consomment au moins trois litres d’eau par jour chacun. Les fontaines publiques, les cafetiers complaisants et les dons des passants leur permettent de s’hydrater. « On a même eu des brumisateurs », ajoute Sabrina. Mais certains refusent de remplir leurs gourdes : « On nous répond que s’ils le font pour nous, tous les SDF vont venir demander. C’est triste. On parle juste d’un peu d’eau. »
L'impact de la chaleur sur la nourriture et les revenus
Sans réfrigérateur, les aliments périssent rapidement. « En quelques heures, les aliments deviennent inconsommables », explique Sabrina. « Alors on partage au maximum avec les autres personnes en galère pour éviter de jeter. » La chaleur réduit aussi leurs revenus : « Avec cette chaleur, les gens ne sortent plus. Il y a quelques jours, on n’a même pas fait un centime ! » déplore Tix, qui mendie rue de la Loge.
L'alcool et la chaleur : un mélange dangereux
Sabrina et Tix ont réduit leur consommation de bière, conscients des risques. « Alcool et chaleur, un cocktail détonnant responsable d’une flambée de la tension dans la rue », selon eux. Ils veillent sur les plus fragiles : « Quand quelqu’un s’endort au soleil, on l’oblige à se mettre à l’ombre, même s’il faut le brusquer un peu », dit Sabrina. Tix renchérit : « On ne va pas les laisser cuire au soleil quand même ! »
Les refuges contre la chaleur
Pour échapper à la canicule, ils utilisent des astuces : siestes au parc Nelson Mandela, climatisation des magasins, ou tours de ville en tramway. « On s’adapte. On est bien obligé », conclut Sabrina. « Et puis il y a les batailles d’eau que l’on fait entre nous, aussi. Il faut bien rigoler un peu ! »



