À Sète, les joutes sétoises attirent de plus en plus de jeunes, même ceux qui n'ont pas de tradition familiale. Arthur, 16 ans, Samuel, 15 ans, et Gabriel, fils du président de la Lance Sportive Sétoise, participent au tournoi junior de la Saint-Louis 2026. Ils ont découvert la discipline par les copains, et elle gagne leur cœur.
Des jeunes sans héritage familial conquis par les joutes
Arthur explique : « J'ai toujours vu les joutes et dans un coin de ma tête, je voulais monter sur la tintaine. Mais c'est grâce à Gabriel que c'est devenu réel. » Samuel ajoute : « Ça ne me tentait pas plus que cela, mais Gabriel m'a convaincu. » Gabriel, fils de Fabien Rojas, président de la Lance Sportive Sétoise, a grandi avec les joutes. Dès l'âge de 3 ans, il avait une lance et un pavois dans les mains. Il s'est fait planter sur le torse, ce qui lui a valu trois points de suture et une belle frayeur. « J'avais la fâcheuse tendance à toujours écarter mon pavois, après cela, j'ai arrêté, j'avais trop peur, raconte le jeune jouteur. J'ai repris l'année dernière à l'école de joutes et maintenant que j'ai l'âge d'entrer en société, j'ai entraîné mes amis avec moi. Les douleurs, maintenant ça passe. Je me suis fait mal deux ou trois fois, ça ne fait plus du tout la même chose », rit-il.
Le rôle du parrain dans l'apprentissage des joutes
Les bobos font partie du jeu. Les trois compères ont quelques bleus et égratignures à leur actif, mais savent que l'entraînement et l'apprentissage des bons positionnements peuvent limiter les mauvais coups. Ils sont encadrés par leur parrain. « Dans notre société, chaque jouteur doit être parrainé, explique Fabien Rojas, président de la Lance Sportive Sétoise. Ça permet à tout le monde d'apprendre les joutes et aux débutants d'avoir un référent qui leur transmet nos traditions. Même si dès les premiers tournois, ils vont forcément prendre des bains », plaisante-t-il. Louis, 21 ans, est le parrain d'Arthur. À sa deuxième année de joutes, il déclare : « On a choisi en interne et on s'entendait bien donc ça s'est fait comme ça. Je suis là pour lui apprendre comment vivre dans la société, comment jouter et puis aussi la convivialité, les apéritifs, les défilés, les repas. Lui montrer la vraie vie des joutes. » Arrivé grâce à ses copains du rugby, Louis jongle entre son travail de marin pêcheur, les entraînements et son rôle de parrain. « Je ne joute pas tout l'été mais j'essaye d'être là pour les moments importants, et la Saint-Louis en fait partie », confie-t-il.
La Saint-Louis, un objectif à part pour les jeunes jouteurs
Gagner la Saint-Louis est pour tous « le Graal ». Samuel, à sa première année, précise : « Je vois plutôt ça comme un amusement. » Arthur ajoute : « Moi, j'ai trop hâte de la découvrir sous un nouvel angle en passant de spectateur à jouteur. » Gabriel songe : « Mon rêve, ce serait de jouter contre mon papa. Si je finis deuxième du tournoi junior (ce dimanche 23 août, NDLR), ce serait peut-être possible. » Les jeunes restent pragmatiques. Samuel clarifie : « Quand on n'est pas en blanc on est juste nous, les joutes sont à part. » Gabriel image : « En blanc on est comme Spider-Man, les gens nous prennent en photo dans les rues, et sans le blanc on est des inconnus. » Les stars en blanc de la Saint-Louis seront inratables quel que soit leur âge. Ils seront dans le cadre royal à 14 h 15, ce dimanche 23 août.



