Rose Fabre, 107 ans, une vie de labeur et de simplicité en Aveyron
Rose Fabre, 107 ans, une vie de labeur en Aveyron

Rose Fabre, 107 ans, incarne une vie de labeur et de simplicité. Originaire de l'Hérault, elle a grandi à Roquefort comme cabanière avant de devenir standardiste à la Poste au Truel, son mari Urbain étant le receveur. Aujourd'hui, elle réside à l'Ehpad de la Sorgue à Saint-Affrique.

Une enfance marquée par la pauvreté

Née le 21 mars 1919 à Pouzols, dans la vallée de l'Hérault, Rose est la fille de Joseph Pons, ouvrier agricole, et de Maria Pons, mère au foyer. Son père transportait du vin entre Millau et Montpellier avec une charrette tirée par un cheval. Veuve en 1924, Maria s'installe à Roquefort-sur-Soulzon avec ses deux enfants, où elle travaille dans les caves Rigal. Rose effectue sa scolarité à l'école privée et passe le certificat d'études.

À quatorze ans, elle quitte l'école à regret. Elle travaille deux mois par an dans les caves et le reste du temps à l'atelier de couture de madame Barascut. Pendant la guerre, elle aide sa mère à planter des pommes de terre sur le Combalou, les Caves prêtant un terrain aux ouvriers sans jardin. Les jeunes de son âge sont envoyés en bus dans le Tarn pour ramasser des châtaignes destinées au maquis.

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Rencontre et mariage

Après la Seconde Guerre mondiale, Rose rencontre Urbain Fabre, facteur receveur des Postes, lors du pèlerinage de Notre-Dame-du-Désert. Le mariage a lieu en 1947 à Roquefort. Le couple s'installe au Truel, où Rose travaille comme standardiste à la Poste. Ils ont deux enfants : Danielle, l'aînée, et Jean-Denis, décédé à trois ans. Rose accouche chez sa mère, à la clinique tenue par des religieuses.

Urbain effectue toute sa carrière au Truel, refusant les avancements pour rester près de ses sœurs. Il est fait chevalier de l'ordre national du Mérite. Le couple prend sa retraite en 1971 et s'installe à Saint-Affrique.

Une retraite active

Rose participe à trois clubs d'aînés : l'Amitié, les Sept collines et celui de Vabres-l'Abbaye. Passionnés de belote, elle et Urbain voyagent chaque année en autocar avec les clubs. Urbain, chasseur, passait l'automne et l'hiver sur le plateau du Larzac. Rose cueillait des champignons et faisait des conserves. Urbain décède en 1997. Jusqu'à 99 ans, Rose prenait l'autocar pour rendre visite à sa fille à Montpellier.

Regret et espoir

Rose regrette de ne pas avoir pu faire d'études, faute de moyens. Elle rêvait d'être institutrice. Elle se réjouit des avancées sociales qui permettent à tous d'accéder à l'éducation. Sa mère, Maria, faisait face à des fins de mois difficiles, envoyant Rose acheter du pain à crédit. Rose se souvient : "À l'époque, c'était une vie de pauvre."

À 17 ans, elle travaille à plein temps comme cabanière aux caves Société, transportant des pains de roquefort. Avec sa première paye, elle achète un appareil photo Kodak, passionnée par la photographie.

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