La semaine dernière, alors que la canicule frappait la France, les professeurs contraints d'enseigner dans des classes surchauffées ont relâché leur style vestimentaire de façon inédite. Marcels, Crocs, mules de plage, tongs : des tenues autrefois inimaginables dans l'enceinte scolaire ont fait leur apparition. Selon la chroniqueuse Mara Goyet, ce phénomène n'est pas anodin et traduit une légère évolution, sinon une révolte, du moins un refus de faire semblant face à des conditions de travail inadéquates.
Des élèves sages malgré la fournaise
Dans les établissements scolaires surchauffés, les élèves ont tenu bon, enfermés dans des salles aux fenêtres closes ou ouvertes, rideaux tirés ou papillonnant au vent. Munis de brumisateurs, de petits ventilateurs et de gourdes, ils sont restés habillés correctement, selon les critères définis par le règlement intérieur. Mara Goyet souligne qu'il y a eu peu de transgressions vestimentaires de leur part, alors que celles-ci auraient été parfaitement tolérables, légitimes et même signifiantes, eu égard au degré d'impréparation ministérielle et d'inadéquation du bâti.
Quelques aménagements ont eu lieu ici ou là, comme la "patate chaude" décentralisée, mais globalement, le corps des élèves n'a pas vraiment été pris en considération, comme toujours et depuis longtemps, entre répression et indifférence, au risque de leur santé.
Du côté des enseignants : une évolution notable
C'est du côté des enseignants que l'on observe un soupçon de légère évolution. Si le bermuda masculin a fait son apparition dans le vestiaire professoral depuis quelques années, on repère désormais la présence de marcels, de Crocs, de tongs et de mules de plage. Ces tenues, autrefois impensables, témoignent d'un relâchement des codes vestimentaires en période de forte chaleur.
Mara Goyet interprète ce phénomène comme un refus de faire semblant. Les professeurs, confrontés à des salles de classe surchauffées et à un manque de préparation du ministère, ont choisi de privilégier le confort au détriment des normes vestimentaires habituelles. Cette évolution, bien que modeste, pourrait marquer un tournant dans la manière dont les enseignants expriment leur mécontentement face à des conditions de travail dégradées.
Un contexte de canicule révélateur
La canicule a mis en lumière les lacunes du système scolaire en matière d'adaptation aux fortes chaleurs. Les bâtiments scolaires, souvent vétustes et mal isolés, ne sont pas conçus pour faire face à des températures extrêmes. Le ministère de l'Éducation nationale n'a pas pris de mesures suffisantes pour protéger élèves et personnels, laissant les établissements se débrouiller avec des moyens de fortune.
Cette situation a poussé certains enseignants à enfreindre les règles vestimentaires, un geste symbolique fort. Selon Mara Goyet, il s'agit d'une forme de résistance passive, d'un signal adressé à la hiérarchie pour signifier l'urgence d'agir face au dérèglement climatique et à ses conséquences sur le quotidien scolaire.



