Audrey Borla raconte la perte de sa jumelle dans l'attentat de Nice
Perdre sa jumelle dans l'attentat de Nice : le témoignage d'Audrey

Audrey Borla avait 13 ans le 14 juillet 2016. Ce soir-là, sur la Promenade des Anglais à Nice, elle a perdu sa sœur jumelle Laura, fauchée par le camion de l'attentat. Dix ans plus tard, elle publie un livre intitulé « Corps et âmes », qui sort le 14 juillet 2026. Dans ce témoignage bouleversant, elle raconte la douleur de survivre sans sa moitié.

Un lien indestructible brisé par la violence

« Je ne crois pas au destin, c'était un assassinat. On était petites, pareilles, inséparables. On était juste venues voir un feu d'artifice et manger une glace », se souvient Audrey. La foule, la panique, le camion, les cadavres. Dans la course, elle a perdu Laura. « Je ne la voyais plus. Elle n'était plus là... J'ai ressenti une douleur dans la poitrine, quelque chose dans le cœur, comme je n'en avais jamais ressenti... Au fond de moi, je sentais qu'elle était morte », dit-elle doucement, dix ans après.

Son père, Jacques, a retrouvé une basket sur les lieux. « C'était la mienne, on avait échangé nos vêtements... Il n'y en avait qu'une seule, il y avait un corps sous un drap à côté », raconte Audrey. Le 17 juillet, le commissaire les a appelés : « On a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c'est qu'on a retrouvé Laura. La mauvaise, c'est qu'elle n'est plus. » Laura est morte devant le High Club. Elle avait 13 ans.

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Le harcèlement et la reconstruction

Après la mort de Laura, Audrey a subi du harcèlement sur les réseaux sociaux : « Sale p..., t'aurais dû mourir à la place de ta sœur ». La famille a même reçu un cercueil anonyme. Sa mère, perdue, hurlait en voyant Audrey : « Vous voyez bien qu'elle est là, que Laura n'est pas morte... » Audrey a dû être éloignée d'elle pour la protéger. Elle raconte aussi la boulimie : « Je mangeais pour deux, pour moi et pour Laura », ce qui lui a fait prendre 25 kilos à l'adolescence.

Aujourd'hui âgée de 23 ans, Audrey vit à Nancy, loin de Nice. Elle porte un tatouage avec le prénom de Laura, et une chevalière en or fabriquée à partir du collier retrouvé sur le corps de sa sœur. Sur son bras, le chiffre 224 signifie « Today, tomorrow, for ever ». Elle explique : « Je déteste les miroirs, quand je m'y vois, je la vois, elle, morte. Et je demande : "Pourquoi elle et pas moi ?" On était pareilles, on avait la vie devant nous. »

Un livre pour dire l'indicible

Son livre « Corps et âmes », qui paraît le 14 juillet 2026, commence par « être jumelle ». Audrey y raconte sa reconstruction, les cauchemars, la peur des camions. « Je n'ai pas le choix parce que, moi, je suis vivante. Et je suis vivante pour elle », conclut-elle.

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