Il a fallu sortir les centaines de documents de la pile dans laquelle ils périclitaient, et les réétudier un à un. Pendant "onze à douze heures par jour" depuis plusieurs semaines, Philippe*, enquêteur dans un commissariat de l’est de la France, relit minutieusement la quarantaine de dossiers "à risque" concernant des violences faites aux enfants, sélectionnés en amont par les magistrats du parquet local.
Des dossiers laissés de côté
Ces dossiers, identifiés comme prioritaires par les magistrats, étaient restés en souffrance, faute de moyens humains. Le parquet a donc sollicité un renfort pour les traiter. Philippe, qui a requis l’anonymat pour des raisons de sécurité, a accepté cette mission délicate. "Il y avait une véritable urgence à reprendre ces affaires", confie-t-il.
Un travail de fourmi
Chaque dossier nécessite une analyse approfondie : auditions de témoins, recoupements de preuves, vérifications de chronologies. "Certains cas remontent à plusieurs années, ce qui complique les investigations", explique l’enquêteur. Sur la quarantaine de dossiers, une dizaine ont déjà été transmis au tribunal, tandis que les autres sont en cours de finalisation.
Un engagement personnel
"C’est un travail épuisant, mais nécessaire. Ces enfants méritent que l’on se batte pour eux", insiste Philippe. Il souligne que le manque d’effectifs dans les commissariats est un problème récurrent. "On fait avec les moyens du bord, mais on ne peut pas laisser ces affaires sans suite."
Des résultats concrets
Grâce à ce réexamen, plusieurs affaires ont pu être relancées. Selon une source proche du parquet, "certaines procédures étaient sur le point d’être classées sans suite faute de preuves, mais le travail de Philippe a permis de rouvrir des pistes". Le parquet local espère que cette initiative pourra être étendue à d’autres services.
* Le prénom a été modifié pour préserver l’anonymat de l’enquêteur.



