Nice : les commerçants parlent anglais pour les touristes
Nice : les commerçants parlent anglais pour les touristes

À Nice, plus d'un touriste sur deux n'est pas francophone. Selon l'Observatoire du tourisme de la Métropole, en 2025, près de 53 % des touristes étaient étrangers, pour beaucoup américains, britanniques et italiens. Face à cette affluence, les professionnels locaux ont dû s'adapter et améliorer leur niveau d'anglais pour renseigner et aider les non-francophones.

La gare SNCF, un premier test pour les touristes

Dans la gare SNCF de Nice, plusieurs touristes demandent en anglais leur direction à des agents : « Excuse me, where is platform B ? ». Chaque agent sollicité parvient à les orienter. Si l'accent français est bien distinguable, la réponse est précise et suffit aux voyageurs.

Une agente SNCF croisée sur place explique : « Nous n'avons pas d'obligation de savoir parler anglais pour être embauchés mais c'est fortement conseillé et valorisé. L'anglais et l'italien sont les langues étrangères les plus parlées ici donc c'est important de les maîtriser. Nous pouvons avoir des primes à la fin de l'année si notre niveau d'anglais est jugé satisfaisant. »

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À Nicétoile, parler anglais pour protéger son chiffre d'affaires

Au centre commercial Nicétoile, les employés sont habitués à présenter les produits en anglais. Là encore, pas d'obligation mais une certaine nécessité pour travailler efficacement en période estivale. Une restauratrice du centre commercial confie : « Durant l'été, les touristes sont omniprésents. Si nous ne sommes pas capables de leur répondre ils ne vont pas s'attarder et se diriger vers une autre enseigne. Tous mes collègues ont progressivement amélioré leur niveau d'anglais. C'est aussi protéger son chiffre d'affaires que d'être en capacité de parler aux touristes non-francophones. »

Sur la promenade des Anglais, l'anglais devient une habitude

Sur la promenade des Anglais, le français est presque moins utilisé que l'anglais par les commerçants. Restaurants et cafés proposent leurs cartes dans la langue de Shakespeare pour satisfaire les voyageurs. Les serveurs prennent davantage de commandes en anglais. Pour Thomas, serveur à la brasserie Balthazar, parler anglais est désormais une habitude : « On n'a pas besoin d'avoir un niveau excellent, dans la restauration ce sont toujours les mêmes phrases qui ressortent donc ça devient automatique avec presque un client sur deux qui ne parle pas français en cette période. Depuis plusieurs années, tous les serveurs se mettent à parler anglais. »

L'affluence des touristes semble donc avoir poussé les commerçants niçois à améliorer leur niveau d'anglais. Un phénomène qui ne se reflète pas au niveau national. Selon l'indice de maîtrise de l'anglais EF EPI, en 2025, la France se classait à la 38e place du classement mondial des pays parlant le mieux la langue de Shakespeare.

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