Bac en basque : des lycéens prêts à défier l'Éducation nationale
Lycéens prêts à défier l'Éducation nationale pour le basque

Une centaine d’élèves du lycée Etxepare, à Bayonne, se disent prêts à passer outre les règles de l’Éducation nationale, qui ne leur permet pas de passer le bac dans leur langue d’apprentissage, l’euskara. Des enseignants interpellent une nouvelle fois les tutelles, se disant prêts à une forme de dissidence.

Un geste de contestation

Ces élèves du lycée privé associatif d’enseignement immersif en euskara l’ont fait savoir ce mardi 5 mai : ils envisagent de composer en basque la nouvelle épreuve de mathématiques au bac, décidée cette année pour les élèves de première. Cela va à l’encontre des directives de l’Éducation nationale, qui exclut pareille opportunité. Les lycéens assument le risque d’un tel geste, en termes de notes et de résultats.

Cette action constitue une nouvelle étape dans la mobilisation des défenseurs de l’euskara et du droit à passer les examens dans la langue d’apprentissage. Le 25 janvier, ils étaient 1 700 dans les rues de Bayonne à pousser la même demande. Les parlementaires du Pays basque dans leur ensemble la soutiennent. Un manifeste circule parmi les enseignants du secondaire, public comme privé. Il a pour l’heure récolté 175 signatures. L’Agglomération et de nombreuses communes ont par ailleurs signé des motions pour appuyer la revendication.

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Pas un hasard

Laida Mujika enseigne à Bernat Etxepare. Elle fait partie des professeurs du secondaire des trois filières (public, privé associatif du réseau Seaska, privé catholique) à interpeller encore leur tutelle. Elle rappelle au nom des siens les reculs des dernières années. « Jusqu’en 2019 et l’entrée en vigueur de la réforme du bac, les élèves de nos filières pouvaient composer l’épreuve de mathématiques dans leur langue d’apprentissage. Ce n’est plus le cas. » Les enseignants se disent prêts à corriger les épreuves de mathématiques en basque. De même, à faire passer le grand oral de terminale dans la langue régionale.

En juin 2024, une centaine d’examinateurs avaient porté un badge « aho bizi » (littéralement « bouche vivante ») pour signifier aux élèves qu’ils les laisseraient s’exprimer en basque à l’oral. « Des dizaines d’élèves avaient pu s’exprimer en euskara. L’année d’après, aucun enseignant bascophone n’a été convoqué pour le grand oral », relate Laida Mujika. Les enseignants n’y voient « pas un hasard », mais bien « une décision ».

Promesses sans lendemain ?

En janvier, le ministre de l’Éducation nationale promettait « un cadre spécifique pour un bac bilingue » devant les parlementaires du Pays basque et les représentants de l’Office public de la langue basque (OPLB), lors d’une rencontre à Paris. Cela avec application à la session 2027. Un horizon trop lointain pour les défenseurs de la langue, qui se disent « habitués aux promesses » sans lendemains.

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