Cinéma : Karine Tuil célèbre l'obscurité des salles
Karine Tuil célèbre l'obscurité des salles de cinéma

Dans sa chronique « Envers mon endroit », publiée par Libération, l'écrivaine Karine Tuil adresse un hommage vibrant aux salles de cinéma, ces « obscurs de jouvence » où se joue une expérience à la fois intime et collective. Elle y évoque la magie particulière de ces lieux, loin des écrans domestiques, où le spectateur se laisse porter par la pénombre et la lumière du projecteur.

Un lieu de communion et de renaissance

Karine Tuil décrit la salle obscure comme un espace de « jouvence », un terme emprunté à la fontaine légendaire, pour signifier que chaque séance offre une forme de rajeunissement, une suspension du temps. Elle insiste sur la dimension collective de l'expérience : « On est ensemble, mais chacun dans sa bulle », écrit-elle, soulignant ce paradoxe qui fait la force du cinéma. La romancière rappelle que la pénombre permet de vivre des émotions fortes sans retenue, dans l'anonymat bienveillant des spectateurs.

Le cinéma comme refuge et mémoire

L'auteure de L'Insouciance et de Les Choses humaines puise dans ses souvenirs personnels pour illustrer son propos. Elle se remémore les séances du dimanche, ces rendez-vous familiaux qui rythmaient son enfance, et rend hommage aux salles de quartier, aujourd'hui menacées par la concurrence des plateformes. Pour elle, le cinéma reste un art de la mémoire, un lieu où se fabriquent des souvenirs communs, une expérience sensorielle que rien ne remplace.

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Un plaidoyer pour la salle obscure

À travers cette chronique, Karine Tuil lance un plaidoyer en faveur des salles de cinéma, qu'elle considère comme des « lieux de soin » pour l'esprit. Elle appelle à les préserver, car ils offrent une résistance à la fragmentation du monde contemporain. « La salle obscure est un espace de liberté », conclut-elle, invitant les lecteurs à redécouvrir le plaisir simple de s'asseoir dans un fauteuil rouge, dans le noir, et de laisser le film opérer sa métamorphose.

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