Cet été, Var-matin propose une série d'articles consacrés à l'histoire de Solliès-Pont, en remontant le temps jusqu'au début du XXe siècle. À cette époque, l'année était rythmée par de nombreuses fêtes religieuses et populaires, qui constituaient des moments de ferveur, de convivialité et de partage pour l'ensemble du village. Dans un contexte où les loisirs étaient rares, ces célébrations permettaient de rompre avec le travail quotidien, de retrouver les voisins et de renforcer le sentiment d'appartenance à une même communauté.
Sainte-Christine, la patronne de Solliès-Pont
La Sainte-Christine, célébrée chaque 24 juillet, était sans conteste la plus importante des fêtes. Patronne de Solliès-Pont depuis des siècles, la sainte faisait l'objet d'une profonde dévotion remontant au Moyen Âge. Selon la tradition locale, un sanctuaire lui aurait été consacré dès le XIe siècle à l'emplacement de l'actuelle chapelle. La fête débutait par une grand-messe célébrée dans l'église Saint-Jean-Baptiste. En soirée, la statue de la sainte était portée en procession à travers les rues du village. Le cortège rassemblait le clergé, les enfants de chœur, les confréries, les autorités municipales et une foule de fidèles. Les maisons étaient décorées pour l'occasion.
Les fêtes agricoles et les réjouissances populaires
Dans un village où la majorité des habitants vivaient encore de la terre, les récoltes donnaient également lieu à des moments de réjouissance. La cueillette des cerises mobilisait des familles entières. Lorsque les dernières charrettes quittaient les vergers pour rejoindre la gare, chacun savait que les semaines les plus intenses de l'année touchaient à leur fin. On organisait alors des repas entre voisins, des soirées musicales et des bals improvisés. La Fête-Dieu, les rogations ou encore certaines fêtes mariales donnaient lieu à des processions dans les rues de Solliès-Pont. Les enfants, vêtus de blanc, précédaient le clergé tandis que les habitants décoraient parfois les façades ou installaient des reposoirs fleuris.
Le village en liesse
Les places accueillaient des bals, des orchestres, des concours de boules, des jeux pour les enfants et parfois des attractions foraines. Les marchands ambulants installaient leurs baraques, les confiseurs proposaient nougats et sucreries, tandis que les cafés restaient animés jusque tard dans la nuit. Pendant quelques jours, le village oubliait les travaux des champs. Les familles se retrouvaient, les jeunes faisaient connaissance, les anciens racontaient les fêtes d'autrefois et les musiciens entraînaient les danseurs jusque sous les platanes. Ces fêtes racontaient l'attachement des locaux à leur terroir, à leurs traditions et à cette manière de faire communauté qui, génération après génération, continue de donner son âme au village.



