Hérault : fermetures de sentiers fréquentes, les randonneurs doivent s'adapter
Fermetures de sentiers : les randonneurs doivent s'adapter

Alors que les épisodes de vigilance rouge se multiplient dans l'Hérault, comme les 17 et 18 août derniers, les fermetures de massifs compliquent les itinéraires des randonneurs au long cours. Les acteurs locaux s'organisent pour s'adapter à un risque appelé à s'inscrire dans la durée avec le réchauffement climatique.

Une multiplication des fermetures de massifs

« C'est la première année où l'on voit autant de fermetures des massifs », constate Thibaut Barral, en charge du tourisme au sein de la communauté de la Vallée de l'Hérault. Depuis le début de la période estivale, les massifs héraultais ont connu une dizaine de journées de vigilance rouge face au risque d'incendie. Ces mesures préventives sont prises la veille, directement par la préfecture du département. « Certaines communes ont même pris des arrêtés municipaux », ajoute le maire du Pouget.

Les consignes interdisent ainsi l'accès aux sentiers. Pour les randonneurs d'une journée, la communication sur les fermetures est simple, explique Thibaut Barral, également maire du Pouget. Mais qu'en est-il alors des pèlerins et randonneurs qui marchent sur plusieurs jours, voire plusieurs semaines ? « Pour eux, la problématique est plus délicate », ajoute le maire.

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L'angle mort de la marche itinérante

Sur les sentiers, certains marcheurs itinérants se retrouvent bloqués par ces arrêtés pris la veille pour le lendemain. Deux options s'offrent à eux : continuer illégalement leur marche malgré les risques d'incendies, ou sauter l'étape en véhicule. Autre difficulté : faire parvenir l'information aux marcheurs. « Les itinérants partent très tôt et n'ont pas forcément de réseaux téléphoniques », explique Jean-Marie Miss, président de l'association des amis de Saint-Guilhem. « Pour le moment nous comptons beaucoup sur l'aide des acteurs locaux », ajoute-t-il.

Dans le département, les offices de tourisme relaient les informations auprès des hébergeurs. « En cas de non-connexion, les randonneurs sont informés par les propriétaires des gîtes », souligne le responsable tourisme nature et espaces protégés de l'Hérault Gilles Delerue. Selon lui, lorsqu'une fermeture préventive vient interrompre l'itinéraire d'un marcheur, la meilleure solution est de se faire rapatrier par la route.

Une solidarité locale face aux risques

Les entreprises présentes sur le territoire héraultais comme la Malle Postale sont une des solutions de rapatriement. Cet opérateur est à l'origine destiné à accompagner et transporter les bagages des randonneurs. « On nous demande de plus en plus souvent de transporter les itinérants pour sauter des étapes et éviter les territoires en vigilance rouge », confirme le responsable de la Malle Postale, Pierre-Yves Le Guen.

Cette réactivité face aux risques d'incendie est possible grâce à une entraide globale. « Il y a une solidarité mise en place par les hébergeurs, les opérateurs et la population locale directement », observe Jean-Marie Miss.

L'itinérance face au changement climatique

Sur les chemins de randonnée qui traversent le département, la fréquentation est plus forte au printemps et au début de l'automne. Les grandes traversées, comme le chemin de Saint-Guilhem-le-Désert ou la voie d'Arles vers Compostelle, sont de plus en plus exposées aux fortes chaleurs. Entre les feux et les canicules à répétition, les répercussions du dérèglement climatique impactent de manière imprévisible les randonneurs itinérants. Une problématique « qui va prendre de plus en plus de place », selon Thibaut Barral.

« Dans le parc des Calanques comme dans les massifs corses, les gens sont plus habitués aux interdictions », explique le maire de la commune du Pouget avant d'ajouter, « dans notre département les interdictions sont plus récentes et il faut désormais s'y habituer ».

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Comment sont décidées les fermetures ?

La fermeture des massifs forestiers se décide au jour le jour par la préfecture de l'Hérault. Le département est divisé en neuf secteurs forestiers, auxquels elle attribue un niveau de vigilance, de vert à rouge. Pour établir la couleur, la décision se prend chaque jour à partir des prévisions de la cellule spécialisée « feux de forêt » de Météo-France. Plusieurs paramètres sont pris en compte : l'état de sécheresse de la végétation, son niveau d'hydratation, la température, le vent, l'humidité de l'air et les précipitations attendues.

Les services évaluent ainsi deux risques : la probabilité qu'un feu se déclare et sa capacité à se propager rapidement. D'autres indicateurs, notamment liés à la végétation morte et à l'état des sols, complètent cette analyse. Les neuf secteurs permettent donc de mesurer le niveau de danger. Les restrictions d'accès s'appliquent ensuite aux 14 espaces forestiers réglementés répartis dans ces secteurs. Lorsque le risque passe au rouge, l'accès aux espaces concernés est interdit. Le classement peut évoluer rapidement selon les conditions météorologiques. La carte de vigilance est actualisée chaque jour à 18 heures pour le lendemain et consultable sur le site de la préfecture et les réseaux sociaux.