Âgisme : les femmes de 50 ans et plus luttent contre l'invisibilité
Femmes de 50 ans : la lutte contre l'invisibilité s'organise

En 2019, Yann Moix déclarait dans Marie Claire préférer « le corps des femmes jeunes » à celui des quinquagénaires, qualifiées d'« invisibles ». Sept ans plus tard, la donne évolue lentement, portée par des personnalités publiques qui démontrent que la vie ne s'arrête pas à 50 ans.

Des figures publiques qui brisent les codes

Shakira, à près de 50 ans, effectue un retour retentissant. Selon Billboard, sa tournée Las Mujeres Ya No Lloran est devenue la tournée hispanophone la plus lucrative de l'histoire. Elle a également participé à quatre Coupes du monde, signant deux hymnes officiels. « Elle rappelle que la créativité et la performance ne sont pas l'apanage de la jeunesse », souligne l'article.

Madonna, quant à elle, a transformé Times Square en dancefloor, malgré les critiques liées à son âge. « Les représentations changent grâce à ces femmes car elles avancent malgré les critiques », explique Sophie Dancourt, fondatrice du média J'ai piscine avec Simone. « Ce qui est intéressant, c'est qu'elles inversent le récit dominant de la perte, du déclin. »

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Un effet de masse porteur de changement

Sophie Dancourt insiste sur « l'effet de masse » : « Avant on en sortait une de temps en temps et on en faisait un totem. Plus elles sont nombreuses, plus ça donne envie à d'autres d'y aller. Et, il faut le dire, on sera de plus en plus nombreuses, ne serait-ce que pour des raisons démographiques. »

Demi Moore s'est distinguée dans The Substance en 2024, film qui interroge la quête de jeunesse éternelle, et a été membre du jury du Festival de Cannes 2026. Mylène Farmer prépare un nouvel album pour fin octobre. La liste s'allonge, ce qui est une bonne nouvelle.

Une sous-représentation persistante dans les médias

Malgré ces avancées, les femmes de 50 ans et plus restent sous-représentées dans les médias, ou ne le sont pas en tant que telles. « On voit souvent des mannequins jeunes pour vendre des crèmes anti-âge. Cela fait partie des injonctions qui aboutissent à une sorte d'auto-censure », déplore Sophie Dancourt.

Les séries TV commencent à intégrer des quinquas badass : Jean Milburn (Gillian Anderson) dans Sex Education, Sylvie Grateau (Philippine Leroy-Beaulieu) dans Emily in Paris, ou l'obsessionnelle M dans Le Délicieux Professeur V. sont des exemples de ce changement.

Des obstacles encore nombreux

Les critiques physiques persistent, même pour des stars comme Shakira ou Madonna, poussant à la chirurgie esthétique et aux colorations. « On voit beaucoup de visages qui n'ont plus d'âge, c'est très déstabilisant », regrette Sophie Dancourt. « Résultat, elles poursuivent leur carrière, mais on ne peut pas se dire qu'elles le font compte tenu de leur âge. »

Dans le monde professionnel, les femmes de 50 ans et plus rencontrent des obstacles pour lever des fonds. « Elles sont de plus en plus nombreuses à se reconvertir ou à monter leur boîte, mais elles peinent à lever des fonds, bien plus que les hommes », constate Sophie Dancourt. « Il faut dépasser les déclarations d'intention. Il y a des lois, des chartes, mais il faut vraiment que les choses changent. »

Avec environ 10 millions de femmes âgées de 45 à 65 ans en France, le potentiel de changement est immense. Les voix s'élèvent doucement sur les réseaux sociaux, dans la presse et les séries pour faire évoluer les mentalités.

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