Dax dégringole dans le classement des villes où il fait bon vivre
L'association Villes et villages où il fait bon vivre a dévoilé son palmarès 2026 ce dimanche 1er février, à quelques semaines des élections municipales. La cité thermale de Dax subit un recul spectaculaire, passant du 127e au 175e rang national, soit une chute de 48 places en seulement deux années. Cette évolution négative suscite des réactions contrastées parmi les habitants et interroge sur la méthodologie du classement.
Une méthodologie enrichie mais contestée
Pour cette septième édition, l'association a ajouté neuf nouveaux critères dans les domaines de la sécurité, des transports et de la santé. Thierry Saussez, président de l'association, explique que ces ajouts permettent d'analyser plus finement « les dynamiques de progression des territoires et de mettre en lumière les communes qui ont amélioré durablement la qualité de vie de leurs habitants ». Au total, 197 critères basés sur des données officielles provenant d'organismes étatiques comme l'Insee, le ministère de l'Intérieur, celui de la Transition écologique, l'Arcep et le programme européen Copernicus sont pris en compte.
Les réactions des Dacquois : entre satisfaction et inquiétude
Les avis des habitants divergent radicalement concernant cette dégringolade dans le classement. Yazmin Menanteau, Dacquoise installée depuis plus de quarante ans, s'insurge : « Il y a forcément une erreur, ceux qui l'ont fait sont des menteurs ! ». Cette retraitée de l'Éducation nationale se dit « heureuse » de vivre dans une commune « calme et paisible » offrant de nombreuses activités culturelles, particulièrement appréciées des enfants en été.
À l'opposé, Joël Ducasse, résident du Grand Dax, exprime des préoccupations différentes : « Je ne m'amuserais pas à sortir en soirée car c'est un peu craignos ». Il regrette une présence policière « très rare » et constate une ville « de plus en plus sale où les gens jettent des trucs partout ».
Les jeunes générations partagent cette ambivalence. Deux lycéens du Borda, Anaïa Noël et Alexandre Topa, interrogés dans le parc de la mairie, reconnaissent un centre-ville « mignon et convivial » mais avouent ne pas toujours se sentir en sécurité, notant la présence de « dealers » autour de leur établissement scolaire.
L'analyse de l'association : relativiser la chute
Antoine Chauvel, secrétaire général de l'association, préfère relativiser ce résultat. Il rappelle que Dax se classe tout de même parmi les 200 premières communes françaises, ce qui la place dans les 0,6% des territoires les mieux classés de l'Hexagone. « Cela reste une belle performance », insiste-t-il.
Pour expliquer ce recul, deux facteurs principaux sont avancés :
- Dax perd des points significatifs dans trois catégories par rapport à des communes de taille similaire : -12,76% pour les finances et impôts locaux, -9,93% pour les transports et -6% pour l'éducation.
- La progression mécanique d'autres communes de taille équivalente qui gagnent des points contribue à faire reculer Dax dans le classement général.
Antoine Chauvel souligne également que l'association ne peut sonder tous les habitants des 34 727 communes françaises, d'où l'importance de s'appuyer sur des critères objectifs pour établir une réalité « immuable et incontestable ».
Perspective régionale et nationale
Dans le classement spécifique des villes de plus de 2 000 habitants des Landes, Dax se positionne derrière Tarnos (99e place nationale) mais devant Mont-de-Marsan (251e rang). Cette comparaison régionale permet de nuancer la perception de la performance dacquoise, même si la tendance nationale reste à la baisse depuis deux années consécutives.
Alors que les élections municipales approchent, ce classement soulève des questions fondamentales sur la perception de la qualité de vie, l'écart entre les données objectives et le ressenti des habitants, ainsi que les priorités d'aménagement du territoire pour les années à venir.



