Les travaux du crématorium animalier de Béziers, baptisé "Crématorium animalier du Languedoc", débuteront dans les prochaines semaines. L'ouverture est prévue pour la fin de l'année 2026. Le projet, porté par Le Pech bleu en partenariat avec la société Seleste, s'implante sur la zone d'activité de Béziers-ouest (Zabo 2), sur un terrain de 7 000 m².
Un établissement de proximité pour le Biterrois
Manuel Sauveplane, directeur général de la Société anonyme d'économie mixte (Sem) des pompes funèbres occitanes Le Pech bleu, explique : "90 % des animaux domestiques décèdent dans les cliniques vétérinaires. Lors de ce moment difficile, il est question de crémation, mais pas de cérémonie, de lieu de recueillement ou de destination des cendres. Les familles se posent beaucoup de questions. Jusqu'à présent, elles devaient se rendre à Nîmes ou Montpellier. D'où notre projet de construire un établissement de proximité."
Un investissement de 3,7 millions d'euros
Le coût total du projet (construction et exploitation) s'élève à 3,7 millions d'euros hors taxes. Le bâtiment de 600 m², conçu par le cabinet d'architecture biterrois Vernette, comprendra des bureaux, une zone technique de crémation, des salons funéraires pour les cérémonies, un cimetière pour l'inhumation des animaux, un parking de 350 m² et un jardin du souvenir.
"L'animal de compagnie est devenu un membre de la famille"
Selon Manuel Sauveplane, "l'animal de compagnie est devenu un membre de la famille à part entière. Il nous semblait normal et essentiel de considérer son décès comme on le fait pour les humains. C'est un choix politique, mais aussi une volonté de la population et de la profession vétérinaire."
Une cogestion entre Le Pech bleu et Seleste
Le nouvel équipement sera cogéré par Seleste, sous la direction du Pech bleu. Seleste est une société coopérative d'intérêt collectif (SCIC) qui possède déjà cinq crématoriums animaliers en activité et dix en projet en France. Quatre employés seront recrutés en externe : un agent funéraire, un technicien de crémation et un commercial.
Fonctionnement et tarifs
Lors du décès de l'animal, le propriétaire ou le vétérinaire devra contacter le crématorium. Le choix se fera entre une crémation individuelle ou collective, ou une inhumation. Pour une incinération individuelle, une urne sera remise au maître. Les cendres pourront être dispersées dans le jardin du souvenir ou conservées dans le columbarium. Les tarifs sont les suivants : 111 euros TTC pour une crémation collective, 305 euros TTC pour une crémation individuelle.
Que dit la loi en cas de décès d'un animal de compagnie ?
La loi encadre strictement la perte d'un animal de compagnie (articles L226-1 et suivants du Code rural). Il est interdit d'enterrer son animal dans son jardin ou en forêt, pour limiter les risques de contamination des sols et des nappes phréatiques. À sa mort, l'animal doit être incinéré, inhumé dans un cimetière animalier ou pris en charge par une entreprise d'équarrissage. En cas de décès à domicile, il faut prévenir un vétérinaire, une société funéraire animalière, un crématorium ou un service d'équarrissage. Une déclaration peut être nécessaire auprès de l'I-CAD. Jeter la dépouille dans une poubelle ou un égout est interdit et passible d'une amende de 3 750 euros. Certaines assurances animales proposent des garanties décès couvrant les frais d'obsèques.
Deux sociétés, un même objectif
Le Pech bleu est une société d'économie mixte (Sem) présidée par Robert Ménard. Seleste est une SCIC dont les actionnaires sont uniquement des cliniques vétérinaires indépendantes. Manuel Sauveplane souligne : "Nous avons la même philosophie vis-à-vis des investissements. Le profit est un moyen, pas un objectif."



