Claude, 70 ans, raconte les étés de son enfance à l'Escaillon à Toulon
Claude, 70 ans, raconte les étés de son enfance à l'Escaillon

Claude, 70 ans, natif du quartier de l'Escaillon à Toulon, se remémore avec émotion les étés de son adolescence dans les années 1970. Devant la rivière désormais bétonnée, il évoque une époque où régnait un véritable esprit de village, où tout le monde se connaissait et où les portes restaient ouvertes.

Un quartier imprégné de culture italienne

Claude est un Toulonnais pur jus, né boulevard de la Convention. Il a grandi avec ses parents Aimée et Albert, et son frère Bernard. Issu d'une famille d'immigrés italiens installée dans le quartier depuis les années 1920, l'Escaillon était alors un lieu de vie où de nombreuses familles italiennes cohabitaient. « Tout le monde se connaissait, les portes restaient ouvertes, on se retrouvait sans avoir besoin de se donner rendez-vous », raconte-t-il.

Les feux de la Saint-Jean, un rituel incontournable

Parmi ses souvenirs les plus chers, les feux de la Saint-Jean occupent une place particulière. « Chaque 24 juin, on allumait un immense feu dans la rivière. À l'époque, elle n'était pas bétonnée et nous, les jeunes, on faisait le tour du quartier pour récupérer des cagettes, on demandait quelques sous aux voisins pour acheter des pétards… Tout le monde participait », se souvient Claude. Ces soirées d'été rassemblaient tout le quartier dans une ambiance de communion. « Pour nous, ce feu marquait le début des vacances. Je l'attendais avec impatience, surtout avec mes cousins. J'ai l'impression que c'était hier », confie-t-il.

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La rivière, source de fraîcheur et de jeux

La rivière faisait partie intégrante du quotidien des enfants de l'Escaillon. « On y pêchait des anguilles et, l'été, elle nous apportait un peu de fraîcheur. Pas besoin d'aller jusqu'à la mer. On allait aussi se baigner dans le lavoir, à l'emplacement de l'actuel foyer des anciens », décrit Claude. À la fin des années 1970, la tradition des feux de la Saint-Jean s'est éteinte avec la transformation de la rivière, qui a été bétonnée.

Un manège et des souvenirs d'enfance

Tout près de la rivière, un manège s'installait chaque été. Claude en sourit encore : « C'est là que je me suis coincé le pied à l'âge de 7 ans. Ça ne m'a pas empêché d'y retourner ! J'en ai profité chaque année jusqu'à mes 16 ans. »

Le temps des responsabilités

Comme beaucoup de jeunes de son âge, Claude a commencé à travailler très tôt, d'abord comme télégraphiste, puis comme facteur. « Les vacances étaient terminées, mais tous ces souvenirs sont restés. Ce qui me manque le plus, c'est cette entraide. Avec le temps, ça s'est un peu effacé… », regrette-t-il. Malgré les évolutions, son amour pour l'Escaillon n'a jamais disparu.

Une transmission familiale

Claude vit toujours dans le quartier qui l'a vu naître. Aujourd'hui, sa fille et ses petits-enfants y ont également posé leurs valises, juste au-dessus de son logement. « C'est une belle façon de faire vivre l'histoire de notre famille ici. Et, qui sait, peut-être qu'un jour ils raconteront à leur tour leurs étés à l'Escaillon, comme je raconte les miens aujourd'hui », conclut-il avec une pointe d'émotion.

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