Quand le thermomètre grimpe, chiens et chats partent avec un handicap. Contrairement à l’être humain, ils transpirent très peu. Le chien évacue surtout sa chaleur en haletant, tandis que le chat mise sur le léchage de son pelage, dont l’évaporation produit un effet rafraîchissant.
Ces mécanismes fonctionnent jusqu’à un certain seuil. Lors d’épisodes de forte chaleur, ils deviennent beaucoup moins efficaces. La question n’est donc pas seulement de savoir s’il fait plus chaud qu’avant, mais si les températures dépassent plus souvent les capacités naturelles de thermorégulation des animaux. Or les vagues de chaleur sont aujourd’hui plus fréquentes, plus longues et plus intenses qu’il y a quelques décennies.
Le vrai changement est parfois dans notre salon
Un phénomène moins connu inquiète les vétérinaires : la vulnérabilité croissante de certaines races sélectionnées pour leur apparence. Les chiens brachycéphales, comme le bouledogue français ou le carlin, possèdent des voies respiratoires raccourcies qui limitent l’efficacité du halètement. Leur principal système de refroidissement est donc moins performant.
Une étude britannique menée sur plus de 900 cas de coups de chaleur chez le chien a montré que ces races figuraient parmi les plus exposées. Les chiens âgés, obèses ou souffrant de maladies cardiaques présentent également un risque accru.
De plus, les animaux vivent davantage en intérieur. Or les appartements urbains mal ventilés peuvent accumuler la chaleur pendant plusieurs jours. Un chat immobile derrière une baie vitrée peut alors subir un stress thermique important, même sans exposition directe au soleil.
Le chat cache mieux sa détresse que le chien
C’est peut-être l’information la plus surprenante. Beaucoup de propriétaires pensent que le chat supporte parfaitement la chaleur grâce à ses origines désertiques. C’est en partie vrai : il économise remarquablement l’eau et recherche instinctivement les zones fraîches.
Mais cette adaptation peut aussi masquer les signes d’alerte. Là où le chien halète bruyamment, le chat souffre souvent en silence. Une baisse d’activité, un toilettage excessif ou une perte d’appétit peuvent être les seuls indices d’un inconfort thermique.
Les scientifiques s’accordent sur un point : nos animaux ne sont pas devenus plus fragiles biologiquement. En revanche, l’augmentation des épisodes extrêmes et certaines caractéristiques liées à la sélection des races les exposent davantage qu’auparavant.
Comment aider son animal pendant une canicule ?
Les vétérinaires recommandent de laisser en permanence de l’eau fraîche à disposition, de privilégier les sorties tôt le matin ou tard le soir pour les chiens et d’éviter tout effort physique aux heures les plus chaudes. À la maison, un sol carrelé, une pièce sombre ou un tapis rafraîchissant peuvent offrir des refuges appréciés. En revanche, tondre un animal à poil long n’est pas toujours une bonne idée : le pelage joue aussi un rôle d’isolant contre la chaleur. En cas de halètement excessif, de faiblesse, de vomissements ou de troubles de l’équilibre, une consultation vétérinaire s’impose rapidement, le coup de chaleur constituant une urgence vitale.



