Muselier règle ses comptes avec le maire de Grasse Viaud
Muselier règle ses comptes avec le maire de Grasse

Dans un courrier adressé à Jérôme Viaud, mardi 16 juin, Renaud Muselier règle ses comptes avec le maire de Grasse. Le président de Provence-Alpes-Côte d'Azur n'a pas apprécié les critiques formulées, en public, par l'élu Les Républicains sur le financement et la gestion, par la Région, des transports en commun.

Des critiques formulées lors des Entrepreneuriales

Les déclarations de Jérôme Viaud remontent au 4 juin, alors que se tenaient les Entrepreneuriales, salon économique organisé au stade Allianz Riviera, à Nice. Prenant la parole devant une assemblée de patrons, le maire de Grasse a déploré le « désengagement financier sans précédent de la Région concernant les liaisons [de bus] interurbaines ». Selon l'édile, « ça rend les choses compliquées, parce que qui se substitue, qui vient porter ce différentiel financier ? C'est les agglomérations et les agglomérations qui n'ont pas les moyens financiers de faire cela ».

Le maire de Grasse s'exprimait lors d'une table ronde, avec ses homologues d'Antibes, Cannes et Nice, Jean Leonetti, David Lisnard et Éric Ciotti. Enfin, Jérôme Viaud n'a pas épargné le réseau ferroviaire régional : tout en saluant la chance de disposer d'un bon maillage du territoire, il a ironisé : « Après il faut aussi que ça soit à l'heure et pas tout le temps en grève ».

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La riposte chiffrée de Renaud Muselier

Il n'en fallait pas plus pour faire sortir Renaud Muselier de ses gonds. Dans son courrier, partagé à la presse, le président de la Région a fait part de sa vive surprise face à ce qu'il qualifie de « réquisitoire implacable, injuste et gratuit sur la mauvaise gestion des lignes régulières ». Pour contrer ces accusations, Renaud Muselier avance un bilan chiffré. Il rappelle que la Région organise et finance un service ferroviaire cadencé avec 51 TER par jour (soit un train toutes les 30 minutes de 6 h 30 à 23 heures), complété par 126 services d'autocars quotidiens reliant Grasse à des villes clés comme Cannes, Sophia Antipolis, Antibes, Vence et Nice. Il défend ainsi une offre « consistante, sans doute la plus consistante du département et de la Région pour une ville de 50 000 habitants ».

Un tacle politique en toile de fond

Au-delà de la bataille des chiffres, la riposte de Renaud Muselier prend une tournure nettement plus politique. Jugeant les propos de Jérôme Viaud « critiques et infondés », le président de la Région s'interroge sur les véritables motivations de cette charge. Il n'hésite pas à lier ce revirement au contexte politique local : « Les élections locales niçoises manifestement ont eu un effet sur votre comportement transformant votre lucidité positive en critiques systémiques », écrit-il.

Jérôme Viaud paierait-il son amitié avec le nouveau maire UDR, allié au RN, de Nice, Éric Ciotti, avec qui il siège dans la majorité au Département ? Renaud Muselier (Renaissance), proche de l'ancien maire de Nice Christian Estrosi (Horizons), n'est pas près de digérer la perte des Jeux olympiques d'hiver 2030 à Nice, échec qu'il attribue à Éric Ciotti. Il voit donc d'un très mauvais œil le fait que Jérôme Viaud n'ait pas pris ses distances avec son opposant.

Ce « recadrage » intervient deux jours après l'altercation entre Éric Ciotti et Philippe Tabarot, proche de Renaud Muselier, que le président de la Région mentionne d'ailleurs au début de son courrier, évoquant un bon souvenir commun : les 20 ans de la réouverture de la ligne Cannes-Grasse, célébrée il y a un an, en présence du ministre des Transports. Faut-il y voir un lien ? Jérôme Viaud et Renaud Muselier seront amenés à se croiser ce jeudi après-midi, pour la pose de la première pierre du Jardin de pluie, dans le cadre du réaménagement du parking de la gare SNCF de Grasse. L'ambiance risque d'être électrique.

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