La Cinémathèque française a ouvert ce mercredi une exposition consacrée à Jean-Paul Belmondo, l'acteur emblématique du cinéma français décédé en 2021 à l'âge de 88 ans. « On le croyait immortel », déclare Jean Dujardin sur un cartel de l'exposition, résumant l'impact durable de l'acteur sur la culture populaire. Surnommé affectueusement « Bébel » par les Français, il demeure inoubliable.
Une rétrospective riche en souvenirs
L'exposition propose une plongée dans la carrière de ce monstre sacré à travers des extraits de films, des interviews, des costumes, des images d'archives et même un atelier interactif. Les visiteurs peuvent choisir la photo de l'une de ses cascades pour poser avec lui. L'acteur disait à sa mère, enfant : « Moi, je veux être clown », ce à quoi elle répondait : « Tu l'es déjà ». Mais Bébel est bien davantage que cela, comme en témoigne également l'ouvrage collectif Belmondo le magnifique, dirigé par Clémentine Deroudille avec la participation de Paul Belmondo, édité par la Cinémathèque et Albin Michel.
Deux facettes d'une star
L'exposition rappelle d'abord comment le comédien a oscillé entre cinéma d'auteur et grands films populaires. On se souvient d'À bout de souffle et de Pierrot le fou de Jean-Luc Godard au début des années 1960, mais on oublie parfois Léon Morin prêtre de Jean-Pierre Melville ou Stavisky d'Alain Resnais. Jean-Paul Belmondo avait produit discrètement ce dernier film pour garantir au cinéaste une entière liberté.
La « marque » Jean-Paul Belmondo revit également à travers ses plus célèbres cascades : courant sur le toit d'une rame de métro parisien dans Peur sur la ville d'Henri Verneuil, survolant Venise suspendu à un hélicoptère dans Le Guignolo de Georges Lautner, ou debout sur l'aile d'un avion dans L'Animal de Claude Zidi. « C'était un bonheur complet. Très égoïste mais exaltant », expliquait-il.
L'amour du public et une modestie rare
Jean-Paul Belmondo aimait passionnément son public. Lauréat d'un César en 1988 pour Itinéraire d'un enfant gâté de Claude Lelouch, il n'est pas venu chercher sa récompense. « Je pense que le public est le seul jury qui puisse vous accorder des distinctions. Je demande à mes amis professionnels de reporter sur les autres nominés les voix qu'ils pourraient me destiner », avait-il déclaré à cette occasion.
Cet exemple de modestie contraste avec l'adulation dont il faisait l'objet de la part de grands noms internationaux comme Steven Spielberg, Quentin Tarantino, Martin Scorsese et John Woo. Il a inspiré Mœbius pour créer le personnage de Blueberry et Buichi Terasawa pour celui de Cobra. Au-delà de l'image de la star adulée, l'exposition se conclut sur celle d'un grand-père comblé posant sous l'œil ébloui de son petit-fils Victor, devenu acteur à son tour, une image que les visiteurs gardent en mémoire.