Chaque mardi soir, dans les rues de Toulon, l'association « Un peu de toit » mène des maraudes pour distribuer de la nourriture saine, des boissons fraîches et des produits d'hygiène aux personnes sans-abri. Le 11 août, une dizaine de bénévoles se sont retrouvés au parking de la porte d'Italie pour cette distribution hebdomadaire.
Une organisation en deux équipes
« Nous fonctionnons en miroir. Nous faisons deux équipes avec des chariots similaires et nous nous répartissons les vivres », explique Cathy Revest, présidente de l'association. Les bénévoles, vêtus de gilets roses, se divisent en deux groupes et empruntent des itinéraires différents pour couvrir davantage de terrain.
Ce soir-là, les chariots contenaient des bouteilles d'eau, du thé, des produits d'hygiène et des plats faits maison. « Nous faisons toujours en sorte de faire des plats équilibrés avec des protéines, des féculents et des légumes », raconte Gaëlle, infirmière et bénévole. L'objectif est d'aider les sans-abri mais aussi toute personne dans le besoin.
Des bénévoles engagés et des bénéficiaires fidèles
Première halte : la place d'Italie. Une vingtaine de personnes bénéficient de cette aide ce mardi. « En grande partie, ce sont des gens que nous voyons souvent. Nous nous inquiétons quand nous ne les voyons plus », confie Gaëlle. Les absences peuvent s'expliquer par des conditions météorologiques, des soucis familiaux ou des addictions.
Mario, ancien cuisinier et bénévole depuis la création de l'association, donne de son temps plusieurs fois par semaine. Il raconte une histoire marquante : « il y avait ce jeune Camerounais que j'ai aidé à sortir de la rue. Il faisait ses études à Toulon et travaillait ses cours sur le trottoir. Alors j'ai décidé de l'aider et j'ai réussi à lui trouver un logement en colocation. » Il estime humblement n'avoir fait que son devoir citoyen.
Des parcours de vie difficiles et une écoute attentive
Parmi les bénéficiaires, Clarisse* confie son parcours difficile. Sous tutelle, elle estime ne pas avoir les moyens suffisants pour se nourrir. « J'ai essayé d'en parler à ma tutrice mais rien n'y fait. Je n'ai pas d'argent pour manger peut-être que je ne sais pas gérer mais personne ne semble m'écouter », raconte-t-elle. Cette mère de famille, dont deux enfants sur trois ont été placés, cherche à retrouver la garde de son fils et de sa fille.
« Ils ont souvent besoin de se confier. Ils ont des histoires difficiles mais aussi très différentes. Nous ne sommes pas seulement des distributeurs de nourriture, nous prenons le soin de les écouter et de les orienter si possible », explique la présidente. L'association compte des bénévoles de tout âge, de toute religion et de tous métiers.
Un engagement citoyen et des perspectives
Nathan est bénévole depuis février 2026. « J'étais seul pendant mon temps libre et je savais que je pouvais faire quelque chose pour aider les autres », témoigne-t-il. Pour Cathy Revest, « tout le monde a une raison personnelle et différente de rejoindre les rangs de l'association ».
Jeudi 20 août, elle recevra quatre mineurs en réinsertion et deux éducateurs, une manière de les confronter à une réalité parfois difficile mais très formatrice selon elle. Les dons de nourriture, boissons, vêtements et produits d'hygiène font vivre les maraudes. De nombreux commerces de Toulon donnent leurs invendus ou préparent des repas gratuitement. Les particuliers et entreprises peuvent faire un don matériel ou financier en contactant l'association au 06 67 31 20 50 ou par mail à unpeudetoi@gmail.com.
*Le prénom a été modifié pour préserver l'anonymat.
La pauvreté touche particulièrement Toulon : selon l'Insee, en 2023, 24,3 % de la population toulonnaise vivait sous le seuil de pauvreté, contre 15,4 % en moyenne en France métropolitaine. Émilie Raynaud, responsable de la division « revenus des ménages » de l'Insee, souligne que ce taux « se stabilise à 15,4 %, son plus haut niveau depuis trente ans ».



