Ce lundi 24 août 2026, plus de 50 enfants des Alpes-Maritimes ont bénéficié d'une journée d'évasion au parc d'attractions Village des Fous à Villeneuve-Loubet, offerte par le Secours populaire dans le cadre de son programme « Les oubliés des vacances ». Cette initiative, qui existe depuis 1979, vise à offrir une bulle de joie aux enfants issus de familles modestes, alors qu'un enfant sur trois ne part pas en vacances selon une enquête Ipsos publiée en juin 2026.
Une journée de joie pour des enfants des Alpes-Maritimes
Dès le départ du pôle d'échanges d'Antibes, l'excitation était palpable. Les enfants, âgés de 5 à 12 ans, ont sauté sur une structure gonflable géante dès leur arrivée au parc. « Ça va être trop bien », s'est réjouie Reine, une future collégienne bénéficiaire du programme. Pour Louisa, bénévole retraitée du Secours populaire d'Antibes, « les voir heureux, c'est ça qui nous motive à donner de notre temps ». Elle participe chaque semaine aux collectes de vêtements, aux distributions alimentaires et de fournitures scolaires.
Une réponse à une inégalité sociale persistante
Selon le rapport Ipsos de juin 2026, dans les foyers disposant de moins de 3 000 euros de revenu mensuel, un enfant de 5 à 12 ans sur trois n'est pas parti en vacances. Ce taux dépasse même les 50 % pour les foyers gagnant moins de 2 000 euros. Stéphane, secrétaire départemental de l'association, explique : « C'est précisément pour pallier cette inégalité entre les plus jeunes que le Secours populaire organise ce type de sorties depuis près de 50 ans. »
Le profil des enfants bénéficiaires est varié : « On a un mélange de tout, c'est ça qui fait la particularité du Secours populaire. Nous avons des enfants issus de familles monoparentales, de parents au chômage ou même des réfugiés ukrainiens », énumère-t-il.
Préparer la rentrée scolaire avec des souvenirs
Pour Hadjira Bendjeddou, membre du comité départemental, cette sortie aide à aborder la rentrée plus sereinement : « On anticipe ce moment où les élèves racontent leurs vacances. Quand on est resté chez soi tout l'été, le décalage avec les autres peut être difficile à vivre. Là, ils pourront dire qu'ils ont passé une journée au Village des Fous. »
À l'heure du déjeuner, les enfants ont partagé leurs rêves d'avenir : capitaine de bateau, vétérinaire, détective ou maîtresse d'école. Une participante a confié : « Ma mère est aide-soignante de nuit, j'aimerais faire comme elle, c'est important d'aider les gens. » Yarouslava, arrivée d'Ukraine il y a quatre ans, souhaite « devenir traductrice ou interprète ». D'autres ont exprimé des envies de voyage, comme visiter le Japon ou la Corée, tandis qu'une autre a glissé son souhait le plus cher : « Acheter une maison à ma mère. »
Des liens durables créés pour la rentrée
Laetitia, bénévole d'Antibes, souligne : « Le plus beau retour pour nous, c'est de voir un enfant s'endormir d'épuisement dans le bus au retour : on sait qu'il a passé une superbe journée et qu'il s'en souviendra longtemps. » Louisa a été particulièrement touchée par Yarouslava, qui a pu rencontrer d'autres Ukrainiens vivant à Nice : « Ça lui permet de parler dans sa langue natale et surtout d'aborder des sujets que seuls d'autres dans la même situation qu'elles peuvent comprendre. Cette journée crée du lien durable. »
Le lien s'est confirmé à l'arrivée du bus à Antibes en fin d'après-midi, alors que les parents récupéraient leurs enfants. Les numéros de téléphone s'échangeaient déjà sur le trottoir. « À la rentrée, je serai au collège Fersen », a lancé Reine. « Moi aussi », s'est enthousiasmée Yarouslava, comprenant qu'elle reverrait celle avec qui elle s'était amusée. Partis le matin sans se connaître, ils sont repartis complices, avec des souvenirs plein la tête et de nouveaux amis pour la rentrée.



