À l'approche de l'été, le refuge Au Bonheur des 4 Pattes tire la sonnette d'alarme concernant les abandons d'animaux. Alors que les vacances estivales approchent, la structure, qui ouvrait ses portes au public ce dimanche 7 juin, rappelle qu'un animal n'est pas un objet que l'on délaisse au gré des départs. Une réalité encore trop fréquente malgré les solutions de garde existantes.
Un message grave derrière les portes ouvertes
Derrière les stands de brocante, les tickets de tombola et les rencontres avec chiens et chats proposés lors des portes ouvertes, un message plus grave résonnait : celui de la lutte contre les abandons. Selon l'association Le Graal, près de 60 000 animaux sont abandonnés en France entre mai et août. Catherine Bourdin, fondatrice du refuge, affirme que « les abandons, c'est toute l'année désormais ». Aujourd'hui, la structure accueille une soixantaine de chiens et près de 200 chats. Un chiffre qui explose avec les naissances des chatons. « Les gens n'ont toujours pas compris l'importance de la stérilisation. Sans cela, on n'arrivera jamais à enrayer le problème », regrette celle qui s'engage depuis 24 ans.
Les raisons invoquées, peu recevables
Séparation, arrivée d'un bébé, difficultés financières, déménagement : les raisons invoquées sont nombreuses. Pour Catherine Bourdin, peu sont recevables. « À part un décès ou une entrée en Ehpad, il n'y a pas d'excuse pour abandonner un animal. » La passionnée des bêtes rappelle qu'il existe aujourd'hui de nombreuses pensions et services de pet-sitting pour les vacances. « Certains paient leurs vacances mais pas celles du chien », déplore-t-elle. Au refuge, un délai légal de réflexion d'une semaine est systématiquement respecté.
Adopter, un engagement réfléchi
Au refuge, aucune adoption n'est réalisée sur un coup de tête. Un délai légal de réflexion d'une semaine est systématiquement respecté. Temps disponible, mode de vie, budget : chaque candidature est étudiée. « Un chien a besoin de présence et de sorties. Quelqu'un absent douze heures par jour ne le rendra pas heureux », souligne Catherine Bourdin. Pour Lelia Benoît, employée depuis dix ans, chaque arrivée reste une épreuve. « Ça brise le cœur de les voir arriver ici. Mais les belles adoptions nous donnent la force de continuer. » Porté par une trentaine de bénévoles, le refuge lance un appel à la responsabilité : adopter un animal, c'est s'engager pour plusieurs années, pas seulement jusqu'aux prochaines vacances.
Fleur, 16 ans, trouve enfin un foyer
Une adoption à contre-courant de l'été. Alors que les abandons se multiplient à l'approche des vacances, Fleur, setter anglaise lemon de 16 ans arrivée il y a dix jours au refuge dans un sale état, a trouvé une famille. Venue de deux heures de route après l'avoir découverte sur un site dédié aux setters en difficulté, Brigitte Gilbin n'a pas hésité. Déjà propriétaire de quatre chiens recueillis après des abandons ou des maltraitances, elle assume ce nouveau sauvetage : « Elle a 16 ans, il lui reste quoi ? Je lui fais une fin de vie heureuse. » Refusant d'acheter un animal, elle estime « qu'il y a trop de malheureux ».
Une chienne encore perdue
La première rencontre a confirmé le choix de Brigitte. « Elle est un peu tristoune, elle est perdue, je pense », confie-t-elle en observant Fleur au milieu de sa future meute (trois setters et un bichon). Dans son village, Brigitte héberge déjà les animaux de personnes âgées partant en cure. Pour Fleur, cette adoption tardive ressemble à une revanche : celle d'une vieillesse qui ne se terminera pas derrière les barreaux d'un refuge.



