Des poules sauvées de l'abattoir trouvent une nouvelle vie à Saint-Léons
Ce samedi 4 avril, à Saint-Léons dans l'Aveyron, plus d'une centaine de poules pondeuses, promises à une fin funeste, ont été adoptées par des particuliers grâce à l'action de l'association Champs libre aux poules. L'événement, organisé sur le terrain de Marine Gohier, bénévole de l'association, a permis à ces animaux de changer de destin et de rejoindre des familles bienveillantes.
Une adoption organisée comme un drive
L'opération s'est déroulée de manière fluide, similaire à un retrait en drive. Les adoptants avaient préalablement réservé leurs poules en ligne. Sur place, ils présentaient leur commande, ouvraient leurs caisses ou cartons, et récupéraient leurs volailles. Marine Gohier supervisait l'ensemble, assistée par ses deux filles et des proches comme Christelle et Philippe, qui ont également adopté des poules. "On en avait déjà quelques-unes. Et puis surtout, ça leur évite une mauvaise fin", a confié Christelle.
Des motivations variées pour l'adoption
Les adoptants ont exprimé des raisons diverses pour participer à cette initiative. Gilbert, un retraité, a perdu tout son poulailler à cause de renards et de fouines. "C'était le moment de repeupler cet espace vide chez moi. Et puis, au bout de quelques mois, elles deviennent magnifiques et pondent très bien", a-t-il assuré. Guy, habitant à proximité, possédait déjà quatre poules et un coq. Il a élargi son poulailler pour accueillir huit nouvelles pensionnaires. "J'ai découvert l'association grâce à ma famille. C'est une bonne action et, en plus, le prix est intéressant", a-t-il déclaré. Une participation de quatre euros par animal était demandée, souvent complétée par des dons pour soutenir l'association.
Le sauvetage de poules en fin de rentabilité
Les poules adoptées ce samedi provenaient d'un élevage de Fondamente, sur le plateau du Larzac. Heidi Carneau, fondatrice de Champs libre aux poules, explique que de nombreux éleveurs d'Occitanie et du sud-est collaborent avec l'association pour éviter l'abattoir à ces animaux. "Passé 18 mois, une poule n'est plus suffisamment rentable pour un éleveur, contraint de s'en séparer. C'est à ce moment que nous intervenons pour en récupérer un maximum, si ce n'est tout le cheptel", détaille-t-elle. Les éleveurs préfèrent vendre les poules à l'association, ce qui leur permet de récupérer un peu d'argent tout en offrant une seconde chance aux volailles.
Des règles strictes pour garantir le bien-être
L'adoption implique le respect de certaines conditions pour assurer le bien-être des poules. Les adoptants doivent disposer d'un espace sécurisé, accueillir au minimum deux poules s'ils en possèdent déjà, ou trois dans le cas contraire, et s'engager à ne pas les tuer pour la consommation. "C'est peu connu, mais c'est un animal de compagnie attachant, drôle, pour tous les âges, et il est plutôt facile de s'en occuper", souligne Heidi Carneau. Créée en 2020, l'association compte aujourd'hui plus de 200 bénévoles, principalement en Occitanie, et organise des journées d'adoption dans toute la région. Depuis ses débuts, elle affirme avoir sauvé 140 000 poules de l'abattoir, dont près de 10 000 depuis janvier 2026. À Saint-Léons, ce samedi, 144 poules ont échappé à leur destin, gagnant une vie en plus malgré une ponte réduite.



