Une convention historique pour les pompiers volontaires de Lozère
"Ça bipe, j'informe mon manager et je quitte le travail." Cette phrase résume le quotidien exceptionnel de Maxime Grasset, chargé d'affaires chez Orange et sapeur-pompier volontaire dans la Lozère. Depuis 2022, cet homme jongle habilement entre ses responsabilités professionnelles et son engagement citoyen au service de la population.
Vingt jours d'autorisation spéciale d'absence
Le mardi 20 février 2026, une convention de disponibilité a été officiellement signée entre le Service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de la Lozère et l'entreprise Orange. Cet accord historique accorde à Maxime Grasset vingt jours d'autorisation spéciale d'absence annuelle, qu'il peut utiliser pour intervenir sur le terrain ou suivre des formations indispensables à sa mission de sauveteur.
"Avant, on n'avait pas beaucoup de jours. Ça a été dix, puis quinze, maintenant vingt. C'est énorme", s'enthousiasme le pompier volontaire. Cette augmentation progressive témoigne de la reconnaissance grandissante accordée à ces hommes et femmes qui consacrent une partie de leur temps à la sécurité de leurs concitoyens.
Une nécessité vitale pour la Lozère
Ces vingt jours ne constituent pas un simple avantage, mais une véritable nécessité opérationnelle. Dans ce département rural, 100% des interventions sont assurées par des pompiers volontaires. Sans leur disponibilité, le système de secours s'effondrerait littéralement.
En 2025, pas moins de 48 conventions similaires ont été signées en Lozère, permettant aux volontaires de s'engager plus sereinement dans leur double mission. "Ce système leur permet de concilier leur vie professionnelle et leur passion. C'est aussi une reconnaissance de leur investissement", souligne Laurent Pauzies, directeur des relations avec les collectivités locales de la Lozère pour Orange.
Un bénéfice réciproque pour l'entreprise et le volontaire
La convention présente des avantages notables pour toutes les parties concernées. Pour le pompier volontaire, les compétences développées sur le terrain - gestion de projets, de crises, relations internationales parfois - se révèlent précieuses dans son travail quotidien chez Orange.
"Sur le terrain, il va gérer des projets, des crises, il va parfois entretenir des relations internationales... On considère que ce qu'il développe lui sert ensuite dans son travail", explique Laurent Pauzies.
Une réponse opérationnelle renforcée en journée
L'un des enjeux majeurs de cette convention réside dans la capacité à "donner de la réponse opérationnelle" même en pleine journée, période traditionnellement difficile pour mobiliser des volontaires. "C'est l'un des enjeux forts de cette convention. Elle permet aux pompiers volontaires de quitter leur travail à n'importe quel moment et dans de bonnes conditions", précise Laurent Suau, président du SDIS de la Lozère.
Maxime Grasset nuance cependant : "Je ne peux pas partir n'importe quand, même si l'entreprise m'accompagne énormément. Mon manager est toujours d'accord pour que je parte, tant qu'il est prévenu. Dans l'ensemble, je peux sortir sur tout type d'intervention, du secours à personne au feu de forêt. C'est top."
Un équilibre gagnant-gagnant
Lorsqu'une intervention ne dure pas jusqu'à la fin de la journée, le soldat du feu retourne à ses tâches professionnelles. "Parfois, je fais des heures en plus. On s'arrange, c'est donnant-donnant", confie-t-il, illustrant la flexibilité mutuelle qui caractérise cet arrangement.
Pour les entreprises participantes, cette convention représente également un avantage certain. "C'est bien pour la population lozérienne quand elle a besoin de secours, mais c'est bien également pour l'entreprise qui, si besoin, a quelqu'un sous la main, en interne, pour intervenir. C'est une sécurité supplémentaire pour l'entreprise", indique Laurent Suau.
Un modèle qui fait ses preuves
Cette initiative pionnière démontre qu'il est possible de concilier efficacement vie professionnelle et engagement citoyen. En offrant un cadre légal et sécurisé aux pompiers volontaires, la convention permet de maintenir un niveau de sécurité optimal pour la population tout en valorisant les compétences développées par les sauveteurs.
Le cas de Maxime Grasset et des 47 autres volontaires bénéficiant de conventions similaires en Lozère illustre parfaitement comment partenariat public-privé et engagement citoyen peuvent s'associer pour renforcer la sécurité de tous, même dans les territoires les plus ruraux.



