La Ligue de l'enseignement de Lozère, association d'éducation populaire, est en redressement judiciaire. Son secrétaire général, Nicolas Trotouin, lance un appel urgent dans une tribune publiée par Midi Libre le 28 juin 2026. Il interpelle citoyens, parents et élus de la région pour sauver l'association menacée de disparition. Une cagnotte Leetchi a été ouverte pour recueillir des dons.
Un cri d'alarme face aux difficultés financières
« Ne nous abandonnez pas ! » écrit Nicolas Trotouin. Il dénonce la tentation des élus de supprimer des subventions pour équilibrer les budgets, alors que l'association cumule plus de 300 000 € de dettes. « Continuez à croire, continuez à vouloir que notre société soit plus juste, plus vertueuse, qu'elle soit celle du vivre ensemble », implore-t-il. Selon lui, les familles précaires, les bénévoles et les dirigeants se sentent abandonnés et perdent confiance dans les élus.
La disparition programmée des associations
Nicolas Trotouin s'interroge : « Pourquoi la France, septième puissance mondiale, n'aurait plus les moyens de financer les associations qui œuvrent au quotidien et remplissent tant de missions de service public ? » Il cite l'exemple de l'Adoc (association de développement de l'occitan) en Lozère, qui vient de mettre la clé sous la porte, ainsi que des plannings familiaux, des associations musicales et des centres de loisirs. « Ce sont des milliers d'emplois qui disparaissent, mais surtout des actions au profit du public à des tarifs souvent très bas », ajoute-t-il.
Un modèle économique sous pression
L'association, de type loi 1901 à but non lucratif, est contrainte de se transformer en entreprise d'Économie sociale et solidaire et de dégager des résultats. « Mais à quel prix ? Au prix même de notre objet social qui par définition n'est pas rentable financièrement », déplore Trotouin. La raison d'être de la Ligue est « d'accompagner, de préparer tous les citoyens avec leur singularité à développer leur esprit critique, leur bien-être moral et physique, pour faire société ». Il souligne le paradoxe : « Comment nous, association, arriverions à financer ce que la puissance de l'État ne peut ? »
Un appel à la résistance collective
« Nous attendons plus que de la considération et des déclarations d'intentions. Nous voulons des engagements », insiste le secrétaire général. Il appelle à résister à la vague de disparitions associatives et à retrouver la solidarité. « En un mot, RÉSISTONS », écrit-il, en réaffirmant le droit de l'association à servir son objet social en toute indépendance. La Ligue de l'enseignement de Lozère, présente depuis plus de 80 ans, remplit des missions de service public dans la culture, l'éducation et la formation, notamment à travers des classes de découvertes, des centres de vacances et des événements comme le festival 48e de rue à Mende.
Nicolas Trotouin conclut : « Nous avons besoin de vous. Nous voulons encore y croire. Nous voulons continuer, comme nous l'avons fait pour ces centaines de milliers d'enfants. » Il invite chacun à contribuer, à l'image du colibri, pour construire ensemble une société plus juste face aux enjeux climatiques, sanitaires et culturels.



