Laura, 28 ans, aidante familiale : un engagement quotidien contre la maladie d'Alzheimer
Laura, 28 ans, aidante familiale face à Alzheimer

Laura, 28 ans, aidante familiale : un engagement quotidien contre la maladie d'Alzheimer

Dans le cadre de la série « Engagés comme jamais », découvrez le portrait de Laura Gross, une jeune femme de 28 ans dont la vie a basculé lorsque son père, Claude, a été diagnostiqué avec la maladie d'Alzheimer. Son histoire illustre comment la jeunesse réinvente l'engagement citoyen, particulièrement à l'approche des élections municipales.

Un rôle d'aidante qui transforme une vie

Laura Gross se rend chaque mardi chez ses parents à Sivry, en Meurthe-et-Moselle, pour prendre soin de son père, Claude, âgé de 66 ans. Ancien plombier, Claude voit sa mémoire grignotée par la maladie depuis cinq ans, avec une accélération notable il y a environ un an. « Un jour, il ne m'a plus reconnue », confie Laura, évoquant ce moment douloureux où le regard vert opaline de son père s'est voilé d'étrangeté.

Depuis, la jeune femme appelle son père par son prénom, Claude, plutôt que par « papa », un terme qui restait sans réponse. « Des fois, mon papa va me dire : “Vous êtes gentille, mais vous pouvez rentrer chez vous” », raconte-t-elle, soulignant la complexité émotionnelle de sa situation.

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De l'accompagnement familial à l'engagement associatif

Face à cette épreuve, Laura n'a pas seulement assumé son rôle d'aidante familiale. Elle a décidé de s'engager comme bénévole au sein de l'association France Alzheimer, transformant son expérience personnelle en action collective. « J'ai grandi dans les assos, elles nous ont sauvé la vie », pourrait-elle dire, en écho à d'autres jeunes engagés.

En cet après-midi humide de février, elle accompagne Claude à un atelier de musicothérapie organisé par l'association au centre socioculturel de Pulnoy. Le lieu, devenu exigu, accueille une quinzaine de « aidés », âgés de 60 à 86 ans, témoignant de l'ampleur des besoins.

Un combat contre l'oubli et pour la dignité

Laura s'emploie à sauver les vestiges d'une complicité qui s'effiloche. Les conversations avec son père sont parfois chaotiques : « Un mot surgit à la place d'un autre, le fil de la conversation s'emberlificote ». Pourtant, elle persiste, posant des questions simples pour maintenir le lien : « Tu as bien dormi, ce matin ? – Euh, oui, ça descendait. – Tu as fait quoi en descendant ? Tu as pris ton petit déjeuner ? – Ça oui. Y'a une lisbosse qui arrive. »

Son engagement dépasse le cadre familial. En tant que bénévole, elle soutient d'autres familles confrontées à la maladie, offrant écoute et conseils basés sur son vécu. « En tant que personnes transgenres, notre existence même est politique », disait Lou dans un précédent épisode ; pour Laura, c'est l'engagement face à la maladie qui devient un acte politique et citoyen.

La jeunesse au cœur de l'action sociale

Ce portrait s'inscrit dans une série qui explore comment les jeunes, loin de se détourner de l'action citoyenne, la réinventent. Laura Gross incarne cette tendance, montrant que l'engagement peut naître de situations personnelles difficiles pour se transformer en mobilisation collective.

Son histoire rappelle que des milliers de jeunes en France assument des rôles d'aidants, souvent dans l'ombre, et que leur voix mérite d'être entendue, surtout en période électorale où les questions de santé et de solidarité sont cruciales.

Alors que l'épisode 4 de la série « Engagés comme jamais » sera disponible prochainement, le témoignage de Laura reste un poignant rappel de la résilience et de l'engagement dont fait preuve la jeunesse face aux défis sociétaux.

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