La mairie de Carcassonne, dirigée par le Rassemblement national (RN), a refusé de mettre à disposition ses locaux pour l'organisation du scrutin des Algériens résidant à l'étranger. Cette décision, annoncée le 11 juin 2026, a provoqué une vive polémique politique et diplomatique.
Un refus motivé par des considérations politiques
Le maire RN de Carcassonne, Gérard Larrat, a justifié ce refus en arguant que la tenue d'un scrutin étranger dans des bâtiments municipaux n'était pas conforme à la neutralité des services publics. Selon lui, cette demande émanant du consulat d'Algérie à Montpellier ne relevait pas des compétences de la commune. Toutefois, des observateurs y voient une manœuvre politique visant à limiter la participation des Algériens de France, traditionnellement peu favorables au RN.
Le consulat d'Algérie avait sollicité plusieurs communes de l'Aude pour organiser le vote des ressortissants algériens pour les élections législatives anticipées. Carcassonne était la seule ville à avoir opposé un refus catégorique. D'autres municipalités, dont certaines dirigées par la droite ou le centre, avaient accepté.
Une réaction indignée de l'opposition
Les élus d'opposition à Carcassonne ont vivement critiqué cette décision. Le groupe socialiste local a dénoncé une "entrave au droit de vote" et un "acte discriminatoire". De son côté, la députée de la circonscription, issue de La France insoumise, a saisi la préfecture de l'Aude pour faire annuler cette décision. Elle estime que la mairie ne peut pas refuser une telle demande sans motif légitime.
Le préfet de l'Aude a indiqué qu'il étudiait la légalité de ce refus. Selon le code électoral, les communes ont l'obligation de faciliter l'organisation des scrutins, y compris pour les élections étrangères, dans la limite de leurs moyens. Un recours pourrait être déposé devant le tribunal administratif.
Un précédent qui fait débat
Ce n'est pas la première fois qu'une mairie RN refuse de prêter ses locaux pour un vote étranger. En 2024, la mairie de Perpignan avait également opposé un refus similaire pour le scrutin des Algériens. Ces décisions s'inscrivent dans une stratégie plus large du RN visant à marquer son opposition à l'immigration et à l'influence étrangère en France.
Pour les Algériens de Carcassonne, cette situation complique l'exercice de leur droit de vote. Ils devront désormais se rendre dans une commune voisine, comme Narbonne ou Montpellier, pour voter. Une contrainte qui pourrait réduire la participation, déjà faible lors des précédents scrutins.
Le consulat d'Algérie a condamné cette décision et réfléchit à des solutions alternatives, comme l'installation d'urnes dans des locaux privés ou la mise en place de bureaux de vote mobiles. En attendant, la polémique continue d'enflammer le débat politique local.



