Familles d'accueil dans le Sud : un refuge vital pour les jeunes en difficulté
Familles d'accueil : un refuge vital pour les jeunes

Familles d'accueil dans le Sud : un refuge vital pour les jeunes en difficulté

La Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) lance un appel pressant pour recruter de nouvelles familles d'accueil dans les Alpes-Maritimes et le Var. Ce besoin est crucial, car moins d'une dizaine de foyers sont actuellement disponibles dans ces départements. Sans ces structures, de nombreux mineurs en difficulté se retrouvent sans solution adaptée, orientés vers des environnements moins propices à leur reconstruction.

Un rôle clé pour des jeunes en rupture

Ces familles offrent un cadre stable, un quotidien structuré et une présence bienveillante à des adolescents souvent marqués par des parcours de vie chaotiques. Gus et Josy, engagés depuis dix ans, incarnent cette mission. Ils accueillent des jeunes cabossés par la vie sans jamais les juger, en leur ouvrant leur porte avec affection et règles.

Pour eux, être famille d'accueil, c'est comme être une famille, tout simplement : un père, une mère, des règles… et beaucoup d'affection. Cet engagement dépasse la solidarité : il s'ancre dans une philosophie de vie. Gus, dont l'enfance a été marquée par le rejet en tant que fils d'un républicain espagnol, explique : Ces gosses sont jugés deux fois : par leurs parents puis par la justice. Moi, ce n'est pas mon rôle de les juger.

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L'engagement au-delà de la solidarité

Chez Gus et Josy, l'accueil repose sur un équilibre subtil entre affection et cadre. Il y a des règles : des horaires, des obligations de travail ou de scolarisation. Mais il y a aussi beaucoup de tendresse, souligne Gus. La confiance et la patience sont essentielles, surtout lors des premiers jours, où les adolescents peuvent arriver méfiants ou agressifs.

Les parcours accueillis sont souvent tragiques, avec des ruptures précoces, des violences familiales et des abandons. Josy témoigne : Ça fait mal au cœur de voir ces enfants-là. Beaucoup ont vécu des choses que personne ne devrait connaître. Pourtant, cette fragilité motive leur action : On n'est pas là pour punir, on est là pour accompagner.

Quentin : un témoignage de reconstruction

À 14 ans, Quentin a basculé après avoir blessé son beau-père pour défendre sa mère et sa sœur. Sa vie a été une succession d'épreuves : garde à vue, hospitalisation, incarcération, et passage par un centre éducatif fermé où il a subi des violences. Placé chez Gus et Josy, il a découvert un environnement différent : Ils ne m'enfermaient pas dans une chambre comme dans d'autres familles. Ils nous ouvraient les portes, nous laissaient explorer, participer.

Pour Quentin, cette expérience a été un tournant : Je me sentais enfin respecté, écouté. Ici, j'étais traité comme un jeune qu'on aidait, pas comme un délinquant. Aujourd'hui âgé de 23 ans, il reste en contact avec Gus et Josy, soulignant l'impact durable de leur soutien.

L'urgence de recruter de nouvelles familles

Youcef Mouhoubi, directeur de service à la PJJ, explique l'importance de ces foyers. La famille d'accueil permet d'individualiser l'accompagnement et d'offrir un cadre plus apaisé, dit-il. Contrairement aux structures collectives, où les jeunes sont accueillis en groupe, les familles stabilisent rapidement le mineur et construisent un projet éducatif adapté.

Les profils recherchés sont variés : retraités, fonctionnaires, artisans ou actifs. Ce qui compte avant tout, ce sont les qualités humaines : l'envie d'aider, la bienveillance, la capacité à poser un cadre, précise Mouhoubi. Les familles sont accompagnées en permanence par les équipes de la PJJ, avec une disponibilité 24 heures sur 24.

L'accueil d'un jeune peut être progressif ou urgent, selon la situation. Les familles signent une convention et reçoivent 45 euros par jour et par jeune, non imposable, tandis que la PJJ prend en charge les autres frais. Malgré les défis, ces placements peuvent enclencher un changement : Même sur un temps court, on peut leur montrer qu'ils sont capables de se stabiliser, de réfléchir à leur avenir, conclut Mouhoubi.

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Pour devenir famille d'accueil, il suffit d'envoyer ses coordonnées par mail aux directions territoriales de la PJJ dans les Alpes-Maritimes ou le Var. Cet engagement offre une chance unique de redonner espoir à des jeunes en détresse.