Crise sans précédent : un tiers des associations d'aide aux exclus menacées
Crise : un tiers des associations d'aide aux exclus menacées

Le secteur associatif de la lutte contre les exclusions traverse une crise sans précédent. Malgré 4 300 personnes accompagnées en 2025, La Clède alerte : un tiers des structures pourraient disparaître, fragilisant tout un maillage social et citoyen.

À première vue, les chiffres sont rassurants. En 2025, l’association alésienne La Clède a accompagné plus de 4 300 personnes dans leurs démarches d’hébergement, d’accès aux droits, à la santé, à l’emploi ou encore à la citoyenneté. Pourtant, derrière ce bilan présenté lors de son assemblée générale le 19 juin, son directeur général Nicolas Ferran décrit un secteur qui traverse une période de fortes turbulences.

« Une association sur trois va fermer dans les prochains mois »

« L’association se porte bien au regard du contexte global du secteur de la lutte contre les exclusions », nuance-t-il d’emblée. Car, selon lui, les difficultés dépassent largement le seul cas de La Clède. « Une association sur trois va fermer dans les prochains mois. Il y a une inquiétude générale. Les moyens ne sont plus forcément là où ils devraient être pour lutter contre les exclusions. »

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La Clède n’a d’ailleurs pas échappé à cette tension. L’an dernier, l’association a dû fermer son service d’hébergement d’urgences aux demandeurs d’asile (HUDA) après l’arrêt du dispositif par l’État. Une décision qui s’est traduite par des licenciements économiques. « Ça a été une période traumatique pour nous. Et je pense que c’est annonciateur de grandes difficultés pour le secteur. »

« Les précarités se complexifient »

Pour Nicolas Ferran, les associations doivent aujourd’hui faire face à des publics dont les situations deviennent de plus en plus difficiles. « Toutes les mailles de sécurisation sont en train de se déliter. On le voit dans les services publics, à l’hôpital, en psychiatrie, dans les forces de l’ordre. Nous, travailleurs sociaux, nous retrouvons en première ligne. »

Les équipes doivent désormais accompagner des personnes confrontées à des problématiques de plus en plus complexes. « On accueille des situations auxquelles nous ne sommes pas toujours formés. Pourtant, nous ne sommes ni financés ni outillés pour y faire face. » Malgré cela, il salue l’engagement des salariés de l’association. « Nous avons des professionnels diplômés, militants et très investis. Mais les réponses sont loin d’être à la hauteur de ce que nous constatons sur le terrain. »

« Fermer une association, c’est aussi fermer un lieu d’engagement citoyen »

Selon lui, les difficultés actuelles trouvent aussi leur origine dans l’évolution du financement des associations. « Avant, nous étions dans une logique de co-construction avec les pouvoirs publics. Aujourd’hui, nous répondons à des appels à projets, avec une mise en concurrence permanente entre associations. Les financements sont plus précaires et cela fragilise durablement le secteur. »

Pour le directeur général, l’enjeu dépasse la seule question sociale. « Une association, ce n’est pas uniquement un opérateur qui gère un dispositif. Ce sont aussi des bénévoles, une gouvernance démocratique, des salariés, un ancrage territorial. Fermer une association, c’est aussi fermer un lieu d’engagement citoyen. »

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